Apagones, fermetures et plus de contrôle : le gouvernement impose des mesures d'urgence strictes sur l'île de la Jeunesse



Calle de Nueva Gerona (Image de référence)Photo © Facebook / Isla de la Juventud - Cuba

Vidéos associées :

La crise énergétique qui frappe Cuba continue de s'aggraver et touche désormais intensément l'île de la Jeunesse.

A travers un communiqué publié sur Facebook, la station officielle Radio Caribe a informé que, "sur indication de la direction suprême du pays et du territoire", un ensemble de mesures restrictives sera mis en œuvre pour faire face à la pénurie de carburant et à l'effondrement du système électroénergétique.

Le texte évoque une "situation complexe" concernant les approvisionnements en combustibles et annonce des coupures électriques pouvant atteindre quatre heures dans chaque bloc de 24 heures, selon le schéma connu sous le nom de 4x4.

Néanmoins, s'il est nécessaire, "l'impact augmentera en fonction des stocks de combustible".

Dans la communauté de Cocodrilo, la coupure de courant sera permanente entre 8h00 et 16h00.

Les dispositions ne se limitent pas à l'électricité.

Le régime a ordonné d'ajuster les horaires de travail, de ne garder que "le personnel administratif indispensable" et d'appliquer le télétravail là où cela est possible.

Il a également décrété la "paralysie totale du service électrique des bâtiments administratifs" pendant vendredi, samedi et dimanche.

Le transport public subit un nouveau coup.

Les principales routes -Gerona-La Fe, Gerona-La Demajagua et Gerona-Argelia-Victoria- ouvriront et fermeront en fonction de la disponibilité de carburant. À Cocodrilo, le service sera réduit à une seule fois par semaine.

De plus, "la sortie du Ferri Perseverancia est évaluée à une ou deux fois par semaine", tant qu'il y a suffisamment de diesel et une connexion avec Batabanó.

Captura de Facebook / Radio Caribe

L'impact touche le commerce, l'éducation et la vie quotidienne.

Les bodegas ajusteront leurs horaires en fonction des coupures de courant. Les zones récréatives et les bars ne rouvriront pas tant que les approvisionnements en carburant ne seront pas rétablis.

En éducation, les établissements internes seront fermés et les étudiants seront envoyés chez eux "jusqu'au rétablissement de la normalité".

"Le 100 pour cent des investissements du territoire, de l'entreprise électrique, du secteur de l'agriculture, de la pêche, entre autres, est paralysé", précise le post.

Le communiqué révèle également une augmentation du contrôle politique et administratif.

Il est ordonné de renforcer le travail avec les médias de diffusion et les organisations politiques et de masse afin de "favoriser la conscience de l'économie", de déconnecter de manière permanente les fours électriques et les équipements de climatisation, et de réaliser des "conseils énergétiques quotidiens" pour analyser les consommations et les "violations détectées".

On menace même directement les dirigeants : "Chaque dirigeant sera responsable du respect strict des mesures… en cas de manquement, il sera procédé à la coupure de son service électrique."

Alors que le régime parle d'"économie" et de "conscience", la réalité est que ces mesures confirment l'échec d'un modèle qui a laissé le pays sans énergie, sans transport et sans conditions de vie minimales.

La population paie le prix des coupures de courant de plus de 20 heures, de la pénurie alimentaire, de la paralysie productive et d'une surveillance de plus en plus étouffante, tandis que les décideurs politiques continuent de ne pas proposer de solutions concrètes.

Tout cela se produit après que Miguel Díaz-Canel ait reconnu que Cuba est revenue aux années les plus difficiles du Période Spéciale.

Dans un long discours télévisé, le dirigeant a admis que depuis décembre 2025, aucun pétrole vénézuélien n'arrive sur l'île et que la crise énergétique est "profondément" ancrée et sans solution immédiate.

"Nous avons une situation énergétique complexe", a-t-il déclaré, ajoutant que le pays devra appliquer des mesures "restrictives" pour faire face à la pénurie de carburant et "promouvoir l'économie" afin de maintenir les activités essentielles.

Le plan reprend la dite "option zéro" conçue par Fidel Castro, désormais actualisée pour le nouveau contexte.

Le régime tente de justifier l'effondrement en blâmant des facteurs externes et en faisant appel au sacrifice éternel du peuple, mais il est certain que la situation actuelle est le résultat de décennies de dépendance, de mauvaise gestion, de corruption et de manque d'investissement.

Les centrales thermiques obsolètes, l'agriculture sans diesel et une industrie presque paralysée ne sont pas de la faute des citoyens, mais d'un système qui a été incapable de garantir le plus basique : la lumière, la nourriture et le transport.

Dans l’Isle de la Jeunesse, comme dans le reste du pays, les nouvelles restrictions ne sont pas une solution, mais un autre symptôme d’un modèle épuisé qui ne sait répondre à la crise qu’avec plus de contrôle, plus de coupes et plus de discours, tandis que les gens survivent dans l’obscurité.

Archivé dans :

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.