Lula entre deux eaux : le Parti des travailleurs s'accroche au régime cubain, mais le gouvernement du Brésil demeure silencieux



Lula da Silva et Fidel Castro en mars 1990 et le président brésilien actuellementFoto © Instagram /@fidel.soldado - Wikipedia

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Le Parti des Travailleurs (PT) a de nouveau brandi le drapeau de la solidarité avec Cuba, mais le Palais de Planalto semble se détourner. La distance entre le Lula militant et le Lula président n’a jamais été aussi évidente qu’en ce moment. 

Lors de l'acte pour le 46e anniversaire du PT, à Bahia, Luiz Inácio Lula da Silva a dénoncé la "massacre alimenté par la spéculation américaine" contre Cuba et a appelé à "trouver un moyen d'aider" l'île.

C'était un discours enflammé, presque nostalgique, qui a réédité le langage de l'internationalisme des années quatre-vingt et a remis en avant des concepts tels que « blocus criminel », « révolution » et « souveraineté des peuples », selon un rapport de Globovisión

Cependant, aucune ligne officielle n'est sortie du ministère des Affaires étrangères brésilien. Ni une note diplomatique, ni un message au MINREX, ni une déclaration publique de soutien. Dans les couloirs d'Itamaraty, le sujet est abordé avec prudence : le Brésil ne veut pas s'exposer aux sanctions prévues par le nouvel arrêté exécutif de Donald Trump, qui sanctionne les pays fournissant du carburant au régime cubain.

Le contraste est évident. Tandis que le PT insiste sur la défense de "la Révolution cubaine et de ses idéaux de justice sociale", le gouvernement brésilien tente de maintenir une relation pragmatique avec Washington et de conserver ses accords commerciaux au milieu de la soi-disant doctrine Monroe, le nouveau cadre de sécurité hémisphérique promu par le secrétaire d'État Marco Rubio.

À La Havane, la presse officielle célèbre les paroles de Lula comme un geste de soutien, bien qu'au Brésil, l'enthousiasme se limite aux secteurs les plus idéologisés du PT, nostalgiques des temps des étreintes et de la complicité entre le dictateur Fidel Castro et l'ancien leader syndical.

Bien que le ministère des Relations étrangères (MINREX) agite désespérément chaque proclamation insignifiante de soutien international, la politique étrangère réelle du Brésil reste marquée par la prudence, l'économie et le calcul. 

Lula, entre deux eaux, incarne ainsi son propre dilemme : un leader qui a fondé un parti au gré de la solidarité avec Cuba, mais qui aujourd'hui, depuis le pouvoir, ne peut se permettre de naviguer à contre-courant du nouvel ordre régional. 

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