Depuis l'Allemagne, où se tient ces jours-ci la conférence sur la Sécurité, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a lancé une critique sévère contre la hiérarchie du pouvoir à La Havane, centrant son message sur le profond déclin économique de l'île et sur la résistance du gouvernement cubain à introduire des réformes structurelles.
Rubio a défini la crise actuelle comme le résultat direct d'un modèle politique et économique épuisé, dont le principal obstacle - a-t-il assuré - est l'obsession du régime à conserver un contrôle absolu sur tous les secteurs stratégiques.
«Le problème fondamental de Cuba est qu'il n'a pas d'économie, et les personnes en charge de ce pays, contrôlant ce pays, ne savent pas comment améliorer la vie quotidienne de son peuple sans renoncer au pouvoir sur les secteurs qu'ils contrôlent», a affirmé dans des déclarations recueillies par des sources européennes.
Selon le fonctionnaire, l'élite dirigeante se trouve à une impasse qu'elle refuse de résoudre : ouvrir des espaces permettant la croissance économique ou continuer à exercer un pouvoir hégémonique qui a conduit à un stagnation structurelle.
“Ils veulent tout contrôler ; ils ne veulent pas que le peuple de Cuba contrôle quoi que ce soit”, a-t-il souligné.
À son avis, même lorsqu'on leur a présenté des opportunités de mettre en œuvre des changements, “ils ne semblent pas capables de les comprendre ni de les accepter de quelque manière que ce soit.”
« Ils préféraient être responsables d'un pays moribond plutôt que de le laisser prospérer. »
Rubio a résumé son accusation en une phrase percutante adressée à la direction cubaine : « Ils préfèreraient être à la tête d'un pays mourant plutôt que de lui permettre de prospérer. »
Le secrétaire d'État a lié cette position à des décennies de politiques échouées, de contrôles rigoureux et d'absence de libertés économiques qui, ensemble, ont condamné Cuba à une crise permanente.
Selon son explication, le refus du Gouvernement de céder des espaces au secteur privé, de flexibiliser l'investissement ou de permettre une véritable ouverture du marché intérieur a approfondi la précarité, aggravée aujourd'hui par la pénurie de combustibles, des coupures de courant prolongées et de graves difficultés à maintenir des services de base.
“Le système politique et économique cubain est brisé”, a-t-il réitéré, soulignant qu'aucun progrès ne sera possible tant que les autorités resteront accrochées au pouvoir.
Un message aligné avec la stratégie de Washington
Rubio a été une voix persistante au sein de l'administration de Donald Trump en faveur d'un renforcement de la pression diplomatique et économique sur La Havane.
Son diagnostic sur le fonctionnement du système cubain est clair : il s'agit d'un "régime catastrophe" responsable de la dégradation sociale, de l'émigration massive et de la crise d'approvisionnement qui touche des millions de citoyens.
Le cubano-américain a également étendu sa critique au niveau régional, rappelant que les gouvernements de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua sont, selon lui, des moteurs de graves crises migratoires dans l'hémisphère.
“Ce sont des pays dont le système ne fonctionne pas”, a-t-il souligné en référence aux autocraties qui “créent des conditions qui poussent des milliers de citoyens à quitter leur foyer”.
À un moment où l'île fait face à l'une des pires situations économiques de son histoire, les déclarations du secrétaire d'État des États-Unis visent directement à la racine de la stagnation : un modèle qui, selon lui, priorise la préservation du pouvoir politique même au détriment de la viabilité du pays.
Archivé dans :