MININT reconnaît un soulèvement dans la prison de Canaleta mais évite de parler de morts



Mutinerie à CanaletaPhoto © Réseaux sociaux

Le Ministère de l'Intérieur (MININT) du régime cubain a informé ce vendredi au sujet de l'émeute en prison sans faire mention de morts ni de blessés.

“Dans les heures du matin de ce jeudi 19 février, un incident a perturbé l'ordre dans l'Établissement Pénitentiaire provincial de Ciego de Ávila”, peut-on lire dans une note qui ne clarifie pas les faits.

Selon la note, la mutinerie s'est produite « lorsque deux individus sanctionnés pour les infractions de vol avec effraction, de vol simple et de sacrification de gros bétail, d'évasion de détenus et de possession illégale d'arme blanche, ainsi qu'une série d'indisciplinés internes, indistinctement, avec d'autres détenus ayant les mêmes caractéristiques qui se sont joints, ont commis une violation grave du règlement pénitentiaire », ajoute la déclaration confuse.

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La note du MININT assure que l'ordre "a été rétabli avec rationalité et détermination".

« Des événements comme ceux-ci transgressent la tranquillité du système pénitentiaire et subiront la rigueur de la légalité socialiste au bénéfice de la sécurité collective », concluent-ils.

La note ne confirme ni ne dément plusieurs rapports indépendants qui affirment que  le soulèvement a été fortement réprimé.

Des témoins parlent d'au moins 7 morts. Des cercueils et des ambulances ont été sortis dans la nuit. On entendait des cris de LIBERTÉ à un kilomètre de distance, comme le rapporte le témoignage d'une ancienne prisonnière politique diffusé par l'organisation Prisioners Defenders.

« Un jeune, presque un enfant, a protesté parce qu'on ne lui donnait pas à manger. Il était évanoui de faim. Ils l'ont frappé brutalement. Des heures plus tard, il a été retrouvé pendu dans sa cellule. Cela a déclenché l'émeute dans la prison de Canaleta », témoigne la personne.

« Ce qui s'est passé à Canaleta, Cuba, n'était pas un incident. C'était un massacre », ajoute Prisioners Defenders.

Pour sa part, des médias indépendants comme Diario de Cuba confirment que Giorkis Vargas Ramos, membre du groupe dissident Cuba Primero, et Yumel Rodríguez Carbó, emprisonné pour un délit commun, sont gravement blessés à la suite de l'émeute.

Le leader d'opposition José Daniel Ferrer, qui a rapporté depuis le début l'incident, a affirmé  que parmi les personnes décédées, on trouve Walfrido Archival, Pilita, et Eduardo Rodríguez Ulloa, el Chinito de Colorao.

Ferrer a assuré qu'il pourrait y avoir une trentaine de blessés, que les visites en prison ont été suspendues et que de nombreux détenus vont être transférés dans d'autres provinces.

Le mutin

Le jeudi dernier, une explosion de cris, de bruits métalliques et de slogans contre le régime ra rompu dans la nuit le silence de la prison provinciale de Canaleta.

Depuis l'intérieur de la prison, considérée comme de haute sécurité, des audios ont commencé à circuler dans lesquels on entend des voix scander "Liberté", "Patrie et Vie" et "À bas Díaz-Canel", tout en dénonçant des abus et des conditions extrêmes de survie.

L'agence EFE a confirmé le soulèvement à partir des dénonciations des ONG Prisoners Defenders et du Centre de Documentation des Prisons Cubaines (CDPC).

Un témoignage d'un détenu, fourni à l'agence, a affirmé que des forces policières étaient intervenues en renfort dans la prison et qu'elles avaient utilisé des « balles en caoutchouc », du « gaz lacrymogène » et de la violence physique pour tenter d'étouffer la protestation.

Selon ce témoignage, le déclencheur du soulèvement a été la "faim" et les "mauvais traitements" en prison, en plus du mécontentement généralisé envers le gouvernement cubain.

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