Le régime cubain a annoncé ce vendredi la fermeture de son ambassade à Quito et le retrait immédiat de tous les symboles et attributs diplomatiques de la mission, après que le gouvernement équatorien a expulsé tout le personnel de la mission.
Des images publiées par des médias locaux ont montré un flux continu de véhicules et de fonctionnaires quittant l'ambassade.
La mesure marque une intensification de la crise diplomatique entre les deux pays, qui s'est aggravée au cours des dernières 48 heures.
"L'ambassadeur est toujours là", a déclaré à la presse un fonctionnaire de l'ambassade qui est sorti précipitamment.
Le dernier des fonctionnaires, possiblement l'ambassadeur, est sorti avec le visage totalement couvert.
"Le personnel policier à l'extérieur du bâtiment diplomatique nous a informés que le bâtiment est vide, a rapporté le média numérique Only Panas, qui a couvert le départ du personnel diplomatique cubain.
Dans un communiqué officiel, le Ministère des Affaires Étrangères de Cuba (MINREX) a annoncé que la décision fait suite à l'ordre du président équatorien, Daniel Noboa, de déclarer personne non grata tous les membres de la représentation cubaine dans ce pays.
«Le Ministère des Relations Extérieures de la République de Cuba, en réponse à la décision arbitraire, injustifiée et hostile du gouvernement de la République de l'Équateur de déclarer persona non grata tout le personnel diplomatique, consulaire et administratif cubain accrédité dans ce pays, face à l'impossibilité de maintenir une représentation diplomatique, a décidé de se passer de l'immeuble utilisé comme siège de l'Ambassade de Cuba», indique le communiqué officiel.
La chancellerie cubaine a également expliqué qu'elle avait immédiatement retiré tous les symboles officiels de la mission diplomatique à Quito.
«À partir de 10h00 (heure de Quito) aujourd'hui, le 6 mars 2026, le bâtiment qui a jusqu'à présent abrité l'Ambassade de Cuba en Équateur cesse ses fonctions en tant que siège diplomatique», a indiqué le communiqué.
Le gouvernement de La Havane a qualifié la décision de Quito d'action « unilatérale et inamicale » qui, selon lui, nuit à la relation historique entre les deux pays.
« Le gouvernement de Cuba déplore profondément l'action unilatérale et inamicale du gouvernement de l'Équateur, qui porte atteinte à l'esprit de respect et de coopération qui a historiquement caractérisé les relations bilatérales entre les deux pays », a conclu le MINREX.
La décision de retirer la mission diplomatique a été communiquée officiellement aux autorités équatoriennes le 5 mars par l'ambassade cubaine elle-même à Quito.
Des diplomates abandonnent le siège à Quito
Quelques heures après l'annonce, des fonctionnaires cubains ont commencé à se retirer de la mission diplomatique située dans le secteur de Batán Bajo, au nord de la capitale équatorienne.
Des images diffusées par des médias locaux ont montré des membres de la mission démontant le drapeau de Cuba et quittant le bâtiment à bord de véhicules.
La sortie du personnel a eu lieu alors que expirait le délai de 48 heures fixé par le gouvernement équatorien pour que les diplomates quittent le pays.
La crise diplomatique a éclaté le mercredi 4 mars, lorsque le président Daniel Noboa a déclaré persona non grata l'ambassadeur cubain à Quito, Basilio Gutiérrez, ainsi que les 22 fonctionnaires qui faisaient partie de la mission diplomatique de l'île.
La décision a été officialisée par le Décret 317, qui a également prévu le retrait de l'ambassadeur équatorien à La Havane, José María Borja López, mettant ainsi fin à ses fonctions en tant que représentant diplomatique auprès du gouvernement cubain.
La Havane rejette l'expulsion
Avant d'annoncer la fermeture de son ambassade, le régime cubain avait condamné l'expulsion de sa mission en Équateur « dans les termes les plus énergiques ».
Selon le MINREX, le gouvernement équatorien a déclaré persona non grata tous les fonctionnaires de l'ambassade "sans fournir aucun argument" et leur a donné à peine 48 heures pour quitter le pays.
La chancellerie cubaine a qualifié la mesure de « acte inamical et sans précédent », qui — selon ses dires — témoigne du « mépris » du gouvernement équatorien pour les normes diplomatiques internationales.
Il a également affirmé que le personnel de son ambassade à Quito a respecté "strictement" les lois équatoriennes et qu'il ne s'est pas immiscé dans les affaires internes du pays, comme le stipule la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961.
Accusations et tension croissante
La crise s'est aggravée lorsque le président équatorien a dénoncé publiquement que des documents étaient en train d'être détruits au sein de la mission diplomatique cubaine après l'annonce de l'ordre d'expulsion.
Au milieu de la tension, des médias locaux ont rapporté la présence de militaires équatoriens aux alentours de l'ambassade à Quito, tandis que des fonctionnaires cubains procédaient au retrait.
Depuis La Havane, le gouvernement a également insinué que la décision de Quito serait liée aux pressions exercées par les États-Unis sur les pays de la région pour durcir leur position envers l'île.
La chancellerie cubaine a affirmé que l'expulsion survient dans un contexte de "renforcement de l'agression" de Washington contre Cuba et de "fortes pressions" sur des tiers États, à quelques jours d'un sommet régional convoqué à Miami pour le 7 mars.
La fermeture de l'ambassade cubaine en Équateur représente l'un des épisodes les plus tendus dans les relations entre les deux pays ces dernières années et laisse les deux nations sans représentation diplomatique directe, suite au retrait réciproque de leurs ambassadeurs.
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