Deuxième journée de manifestations contre les coupures de courant à Cuba : Cacerolazos dans plusieurs municipalités de La Havane

Image de référence créée avec de l'intelligence artificielleFoto © CiberCuba / ChatGPT

Pour la deuxième nuit consécutive, des manifestations ont été signalées à Cuba samedi soir, principalement dans plusieurs municipalités de La Havane, où des habitants sont sortis dans les rues avec des casseroles et des poêles pour exprimer leur mécontentement face aux coupures de courant prolongées. 

Vidéos et témoignages diffusés sur les réseaux sociaux montrent des voisins frappant des ustensiles de cuisine et criant des slogans au milieu de l'obscurité provoquée par les coupures d'électricité. “Ça suffit, pin...!”, a-t-on entendu dire à l'un d'eux, un voisin de Guanabacoa. 

Le journaliste Mario J. Pentón a informé sur les réseaux sociaux concernant une protestation dans la municipalité Regla, à La Havane, où des résidents seraient sortis manifester après plusieurs jours sans électricité. 

D'autres rapports publiés sur les réseaux sociaux mentionnent des manifestations à Mulgoba, dans la commune Boyeros. “À Mulgoba, le peuple est également sorti dans la rue avec des casseroles… deuxième jour de protestation dans la capitale”, a écrit sur le réseau social X l’ activiste Magdiel Jorge Castro, qui a également diffusé une vidéo qu'il a attribuée à une manifestation dans la commune d'El Cotorro. 

Pour sa part, une vidéo publiée par le média Cubanet a rapporté des rassemblements de casseroles dans plusieurs municipalités de La Havane, notamment Regla, San Miguel del Padrón, Guanabacoa et Centro Habana, précisément dans la rue Belascoaín. 

Les enregistrements ont montré des groupes de personnes frappant des casseroles et des marmites depuis les rues ou depuis chez elles, au milieu d'une obscurité qui, bien qu'elle semble engloutir le pays, illumine des manifestations croissantes de ras-le-bol face à la situation.

Les manifestations se produisent à peine un jour après des rapports de cacerolazos dans d'autres zones de la capitale et à Jagüey Grande, Matanzas, ce qui suggère une augmentation du mécontentement social en plein cœur de la crise énergétique que traverse le pays. 

Crisis électrique, combustible et pression politique

Les manifestations se déroulent dans un contexte de profonde crise énergétique sur l'île.

Ces derniers jours, Cuba a subi une défaillance presque totale de son Système Électrique National (SEN), laissant de vastes zones du pays sans électricité et contraignant les autorités à engager un processus complexe de rétablissement du service.

Bien que les médias officiels aient rapporté que le système a été reconnecté progressivement, le pays continue de fonctionner avec un déficit élevé en matière de production d'électricité.

Lors des dernières journées, la perte a été proche ou supérieure à 2 000 mégawatts, ce qui oblige à appliquer des coupures prolongées dans une grande partie du territoire et laisse deux tiers des utilisateurs sans service.

Dans de nombreuses provinces, les coupures d'électricité peuvent dépasser 20 heures par jour, selon des rapports officiels et des témoignages de citoyens, affectant non seulement les foyers, mais aussi l'approvisionnement en eau, le transport et la conservation des aliments. Des localités du pays cumulent des jours de coupures continues.

La crise énergétique est le résultat d'une combinaison de facteurs structurels. Parmi ceux-ci, on note les pannes dans les centrales thermiques vieillissantes, le manque d'entretien dans le système de production et la rareté de combustible pour faire fonctionner les centrales électriques.

Au cours de la dernière année, en outre, les importations de pétrole vers Cuba ont subi une forte baisse, ce qui limite la capacité du système électrique à répondre à la demande nationale.

Cette situation a été aggravée par la pression énergétique exercée par les États-Unis sur les pays et les entreprises qui fournissent du combustible au régime cubain.

Le 29 janvier 2026, le président Donald Trump a signé un ordre exécutif déclarant le régime cubain une "menace inhabituelle et extraordinaire" pour la sécurité nationale des États-Unis, une mesure qui permet d'imposer des sanctions économiques visant à restreindre l'approvisionnement en pétrole vers l'île. 

Parallèlement, des congressistes cubano-américains et des activistes de l'exil ont insisté sur le fait que l'augmentation de la pression interne et externe pourrait accélérer des changements politiques à Cuba.

Les législateurs comme María Elvira Salazar, Mario Díaz-Balart et Carlos Giménez ont souligné à plusieurs reprises que le régime traverse l'un de ses moments de plus grande faiblesse et ont exhorté à intensifier la pression politique et économique contre le gouvernement de La Havane. 

Dans ce contexte, certains activistes et secteurs de l'exil ont encouragé les Cubains sur l'île à se manifester comme moyen de faire pression pour une transition politique ou d'imposer des réformes

Jusqu'à présent, les autorités cubaines n'ont pas fait de déclarations publiques concernant les rapports de manifestations enregistrées dans différents municipalités de La Havane au cours des dernières heures.

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