Le président Donald Trump a de nouveau attaqué ce mercredi le gouvernement espagnol dans des déclarations faites au journaliste David Alandete, avertissant qu'il "pourrait couper tout le commerce avec eux" et qualifiant son leadership de "terrible", tout en faisant l'éloge du peuple espagnol.
Les déclarations de Trump reproduisent et aggravent les menaces qu'il a déjà émises le 3 mars lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche avec le chancelier allemand Friedrich Merz, lorsque déclarait : "Nous allons couper tout commerce avec l'Espagne. Nous ne voulons rien avoir à faire avec l'Espagne."
Dans ses nouvelles déclarations, Trump a été catégorique : « Ils ne coopèrent pas du tout. Ils s'en sortent vraiment mal. Je pourrais arrêter tout le commerce avec eux. Ils ont été très mauvais avec l'OTAN et ne veulent pas payer leur juste part. Le peuple espagnol est fantastique, mais leur leadership est terrible. »
Le déclencheur de la crise est le refus du gouvernement de Pedro Sánchez d'autoriser l'utilisation des bases militaires américaines de Rota, à Cádiz, et de Morón, à Séville, pour l'opération Fureur Épique, l'offensive lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février. L'Espagne a invoqué le traité bilatéral de défense de 1988, qui exige une autorisation préalable espagnole pour les utilisations des bases non prévues dans la défense de l'OTAN.
En réponse immédiate, Washington a transféré au moins 15 avions-citernes KC-135 Stratotanker depuis ces bases vers la base allemande de Ramstein et d'autres emplacements. La ministre de la Défense, Margarita Robles, et le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, ont garanti que "ni depuis Morón ni depuis Rota n'ont réalisé ni ne réaliseront aucune action de maintenance ou de soutien" aux attaques contre l'Iran.
La tension s'est intensifiée le 4 mars, lorsque la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé que l'Espagne "avait accepté de coopérer", une déclaration que le ministre Albares a immédiatement niée dans une réponse directe à la Maison Blanche. Trump a également ordonné au secrétaire au Trésor, Scott Bessent, de lancer des enquêtes pour de possibles sanctions commerciales contre l'Espagne.
A la dispute pour les bases s'ajoute le conflit concernant les dépenses de défense. Trump exige que l'Espagne augmente son investissement militaire à 5 % du PIB, objectif fixé lors du sommet de l'OTAN qui s'est tenu à La Haye en juin 2025. L'Espagne a atteint 2 % du PIB en 2025, respectant pour la première fois l'engagement pris en 2014, mais le gouvernement de Sánchez considère ce niveau comme suffisant, s'appuyant sur un accord avec le secrétaire général Mark Rutte.
Italie et France se sont alignées sur l'Espagne en rejetant de s'impliquer dans l'offensive contre l'Iran, qui, au cours de ses soixante-douze premières heures, a attaqué plus de 1 700 cibles iraniennes, y compris des installations nucléaires à Natanz, Isfahan et Fordow.
L'échange commercial bilatéral entre l'Espagne et les États-Unis s'élève à environ 46 milliards de dollars par an, avec des exportations espagnoles d'environ 16 milliards, concentrées dans les secteurs agroalimentaire et industriel. L'Espagne importe par ailleurs près de 40 % de son approvisionnement en gaz liquéfié en provenance du territoire américain, ce qui rend particulièrement sensible toute rupture commerciale. En octobre 2025, Trump avait déjà pour ne pas avoir augmenté ses dépenses de défense à 5 % du PIB.
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