La faute est à Can Yaman : les Cubaines rêvent d'Istanbul grâce aux telenovelas turques

Can YamanPhoto © Facebook/canyaman

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Dans un quartier de Santiago de Cuba, un groupe de grands-mères écoutait avec fascination une visiteuse qui venait de revenir d'Istanbul. Les questions ne tardèrent pas à arriver : elles voulaient savoir si les hommes turcs étaient vraiment aussi beaux que à la télévision et si les maisons étaient aussi grandes et luxueuses que celles qu'elles voyaient dans leurs romans préférés.

Quand on leur a demandé où ils iraient s'ils pouvaient quitter l'île, la réponse a été immédiate : en Turquie.

La scène a été relatée dans un reportage publié par Türkiye Today, qui explore comment les telenovelas turques, connues sous le nom de dizis, ont réussi à traverser les océans et à atteindre les foyers cubains, où elles sont devenues une fenêtre inattendue sur un autre monde.

Bien que la Turquie et Cuba soient séparées par des milliers de kilomètres, les productions télévisuelles turques ont trouvé un public fidèle sur l'île, souvent grâce à El Paquete Semanal, le populaire système informel de distribution de contenus numériques qui circule chaque semaine sur des clés USB et des disques durs.

Dans les salons de La Havane, Santiago ou de toute ville cubaine, les histoires d'intrigues de cour, de romances impossibles et de modes de vie luxueuses ont conquis des spectateurs de tous âges.

Parmi les noms les plus évoqués, on trouve celui de l'acteur Can Yaman, star internationale qui joue le rôle principal dans la série El Turco et qui est devenu un idole pour de nombreuses admiratrices.

Pour de nombreuses grands-mères cubaines, ces drames télévisés ne sont pas seulement un divertissement. Ils sont aussi une façon d'imaginer d'autres réalités.

Le reportage décrit une scène qui illustre ce contraste. Une femme se souvenait de la réaction d'une voisine en voyant pour la première fois une série turque : dans une scène, une table était pleine de nourriture qui était ensuite retirée pour être jetée.

La femme a crié devant le téléviseur : « S'il vous plaît, non ! ».

Dans un pays marqué par la pénurie et les difficultés économiques, des images du quotidien pour d'autres spectateurs peuvent susciter une forte réaction émotionnelle. Cuba traverse une profonde crise, avec des coupures de courant prolongées, une pénurie de nourriture et une disponibilité de devises très limitée, un contexte qui transforme ces histoires télévisées en une forme d'évasion.

Paradoxalement, ce pont culturel a également des racines historiques. À la fin du XIXe siècle, des migrants originaires des territoires de l'Empire ottoman sont arrivés à Cuba, et beaucoup de leurs descendants sont encore connus sur l'île sous le nom de « le turc ».

Aujourd'hui, plus d'un siècle plus tard, les telenovelas turques recréent un pont inattendu entre les deux pays.

Selon Türkiye Today, les dizis sont devenus un phénomène mondial qui transporte les paysages, les histoires et les modes de vie turcs vers des publics du monde entier, y compris dans des endroits où l'accès aux médias est limité.

À Cuba, ce glamour télévisé parvient à travers des écrans modestes, au milieu des coupures de courant et des difficultés quotidiennes. Mais pour de nombreuses spectatrices, en particulier les plus âgées, un seul épisode suffit à voyager mentalement vers un autre endroit.

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