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Équateur et États-Unis ont signé un mémorandum d'entente pour établir le premier bureau permanent du FBI à Quito, situé à l'intérieur de l'ambassade américaine dans le pays andin, dans le but de soutenir la police nationale dans la lutte contre le crime organisé transnational.
L'accord a été signé par le ministre de l'Intérieur équatorien, John Reimberg, le directeur régional du FBI, Allen Pack, et le chargé d'affaires de l'Ambassade des États-Unis, Lawrence Petroni. La vice-présidente équatorienne, María José Pinto, était présente lors de la cérémonie de signature.
Jusqu'à présent, la collaboration du FBI avec l'Équateur se gérait de manière ponctuelle depuis Bogotá. Avec cet accord, un agent spécial du FBI sera affecté de façon permanente à Quito, travaillant de manière constante aux côtés d'une unité spécialisée de la Police Nationale créée spécifiquement pour cette coopération. Le bureau a commencé à fonctionner immédiatement.
Parmi les objectifs du nouveau bureau figurent la lutte contre le trafic de drogue, le blanchiment d'argent, le crime organisé international, le trafic d'armes et le financement du terrorisme. Reimberg a souligné que l'accord ne viole pas la souveraineté équatorienne et a souligné que la criminalité dans le pays a diminué de 34 % depuis janvier 2026.
L'accord est le dernier maillon d'une intense chaîne d'accords de sécurité signés en seulement deux semaines entre Washington et Quito. Le 3 mars, les deux pays ont réalisé la première opération militaire conjointe antidrogue sur le sol latino-américain contre des organisations terroristes, dirigée par le Commandement Sud. Le 5 mars, l'Équateur a signé avec les États-Unis et 19 pays de la région un accord contre le narcoterrorisme à Doral, en Floride.
Le 8 mars, le président Daniel Noboa a participé au sommet du Scudo des Amériques à Miami, une coalition initiée par Donald Trump avec 12 nations latino-américaines.
Cette intensification de la coopération répond à la grave crise de sécurité que traverse l'Équateur depuis 2024, lorsque Noboa a déclaré un "conflit armé interne" face à l'avancée de gangs criminels liés au narcotrafic international. En 2025, les homicides ont augmenté de 40% jusqu'en septembre, avec entre 8.847 et 9.300 morts violentes estimées pour l'année, plaçant le pays parmi les plus violents d'Amérique Latine.
L'ouverture du bureau du FBI à Quito intervient également à un moment de forte reconfiguration diplomatique en Équateur. À peine quelques jours auparavant, le gouvernement du président Daniel Noboa a déclaré persona non grata l'ambassadeur de Cuba, Basilio Antonio Gutiérrez, et a ordonné le départ de tout le personnel de la mission diplomatique de l'île dans un délai de 48 heures, ce qui a entraîné la fermeture de l'ambassade cubaine dans le pays.
La mesure a marqué l'un des épisodes les plus tendus dans les relations entre Quito et La Havane ces dernières années. Après l'annonce, des images de membres de la légation cubaine brûlant des documents à l'intérieur du bâtiment diplomatique avant de quitter le pays ont circulé.
Dans ce contexte, l'établissement d'un bureau permanent du FBI symbolise également le nouveau cap de la politique de sécurité équatorienne : alors que les liens avec les alliés traditionnels du régime cubain se refroidissent, Quito renforce sa coopération avec Washington dans la lutte contre le narcotrafic, le crime organisé et le financement du terrorisme.
En septembre 2025, Washington avait déjà annoncé 20 millions de dollars en aide supplémentaire pour l'équipement et les opérations de sécurité équatoriennes, dans le cadre d'une relation bilatérale qui s'est considérablement renforcée sous les gouvernements de Noboa et Trump. L'ouverture du bureau du FBI consolide l'Équateur comme l'un des principaux alliés stratégiques de États-Unis dans la région en matière de sécurité.
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