
Vidéos associées :
Le président des États-Unis, Donald Trump, a lancé un avertissement sévère aux pays de l'OTAN en affirmant que l'alliance militaire pourrait faire face à « un très mauvais avenir » si ses membres ne collaborent pas pour garantir le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, fermé par l'Iran après les récents attaques américaines dans la région.
Lors d'une interview avec le Financial Times, le dirigeant a déclaré que les pays qui dépendent du pétrole transitant par ce passage stratégique devraient s'impliquer dans sa sécurité. "Il est approprié que les personnes qui bénéficient du détroit contribuent à s'assurer qu'il ne s'y passe rien de mal", a-t-il affirmé.
Trump a ajouté que, si les alliés ne répondent pas ou si leur réponse est négative, “ce sera très mauvais pour l'avenir de l'OTAN”, selon un rapport de l'agence EFE.
Samedi, le président américain a ouvertement demandé à plusieurs pays d'envoyer des navires de guerre pour maintenir le détroit d'Ormuz "ouvert et sûr", après que le nouveau guide suprême de l'Iran, Mojatba Jamenei, a annoncé la fermeture de ce corridor maritime stratégique.
Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, Trump a exhorté la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d'autres pays touchés par l'interruption du transit maritime à envoyer des navires militaires dans la zone pour garantir la liberté de navigation.
Le détroit d'Ormuz est considéré comme l'un des points les plus sensibles du commerce énergétique mondial : environ 20 % du pétrole consommé sur la planète y circule, ce qui fait de toute interruption une menace pour les marchés énergétiques globaux.
Cependant, les premières réactions des alliés ont été prudentes. La haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a affirmé que le détroit "est hors du champ d'action de l'OTAN" et que l'Union européenne explore d'autres alternatives avec les Nations Unies pour garantir la navigation dans la zone, selon des déclarations recueillies par EFE.
Kallas a rappelé que l'UE maintient dans la région l'opération navale EUNavfor Aspides, créée pour protéger le trafic marchand en mer Rouge et dans le golfe, bien qu'il ait reconnu que les pays européens devront discuter s'ils sont prêts à élargir son mandat ou à participer à une coalition internationale.
Pendant ce temps, certains partenaires se sont déjà distanciés de la proposition américaine. Selon RTVE, des gouvernements comme le Japon et l'Australie ont écarté l'envoi de navires de guerre dans le détroit d'Ormuz, et plusieurs dirigeants européens ont appelé à éviter une escalade militaire au Moyen-Orient.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a appelé à rouvrir le passage maritime pour stabiliser les prix de l'énergie, bien qu'il ait reconnu qu'il s'agissait d'une tâche complexe qui nécessitera une coopération internationale.
Trump a également appelé directement la Chine, soulignant que le géant asiatique obtient près de 90 % de son pétrole par cette route maritime et qu'il devrait contribuer à rétablir la sécurité dans la région. Le président a même insinué que sa prochaine visite à Pékin pourrait être retardée si la situation ne se résout pas d'ici là.
La crise autour du détroit d'Ormuz se déroule dans un contexte d'escalade militaire entre les États-Unis et l'Iran, qui menace non seulement l'approvisionnement énergétique mondial, mais aussi l'équilibre géopolitique au Moyen-Orient.
Archivé dans :