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L'acteur cubain Erdwin Fernández Collado a lancé une critique sévère à l'encontre des membres du soi-disant Convoi Nuestra América à Cuba et, en général, contre les étrangers qui visitent l'île avec une vision idéalisée du système, sans faire face aux conditions réelles que vit la population.
Dans un message publié sur Facebook, l'artiste a ironisé sur ce type de visites organisées, affirmant que les invités parcourent une version soigneusement préparée du pays, éloignée de la vie quotidienne des Cubains.
"J'adore ces visites d'étrangers totalement étrangers à la réalité cubaine sur l'île", a-t-il écrit, laissant clair dès le début le ton sarcastique de son commentaire.
Fernández Collado ne tient pas complètement les visiteurs responsables, mais il remet en question l'image qu'ils reçoivent. Il dénonce que ces groupes sont transportés dans des conditions privilégiées, loin de tout scénario qui reflète le déclin et les manques.
"Ils les transportent en bus avec air conditionné ou en plein air, et les amènent à se réunir et à soutenir 'cela' dans un endroit climatisé et propre", décrit-il, en allusion aux rencontres officielles et aux visites organisées.
Ces itinéraires, explique-t-il, sont conçus pour dissimuler les problèmes les plus évidents du pays : "On les fait passer par ces endroits 'réservés' dans les meilleures rues et avenues (…) où l'on ne voit ni les déchets dans les rues, ni les files d'attente immenses, ni les bâtiments sales et délabrés par le temps et l'abandon."
L'acteur va plus loin et reprend une idée exprimée par son amie, l'actrice María Teresa Pina Cabrera, qui a défini Cuba comme "un zoo".
Erdwin affirme comprendre parfaitement cette métaphore et la développe avec cruauté : "À Cuba, de nombreux étrangers viennent voir cette destruction, cet abandon, les vieilles voitures et les bâtiments en ruine... et ils en profitent (pas tous)".
À son avis, de nombreux visiteurs consomment cette réalité comme une expérience exotique et ne voudraient pas qu'elle change. "Pour eux, nous sommes 'leur zoo', la machine à remonter le temps, mais à l'envers, et c'est triste mais vrai".
Comme contrepoint à cette vision, l’acteur propose - également sur un ton ironique - une manière de montrer la Cuba réelle à ces visiteurs. "Comme ils seraient beaux, ces 'étrangers enthousiastes et solidaires', dans les quartiers avec deux seaux essayant de les remplir d’eau", écrit-il, décrivant des scènes quotidiennes pour des millions de Cubains.
Dans ce même esprit, il évoque d'autres difficultés quotidiennes qui échappent complètement au circuit officiel des étrangers défendant le régime, mais qu'ils devraient connaître : "Des coupures de courant interminables, des achats en monnaie nationale et connectés à ETECSA".
Il pousse même l'idée à l'extrême pour souligner le contraste : "Je vous donne trois jours sans calmants pour les nerfs, sans dormir, avec les affectueux moustiques caressant vos peaux blanches pendant les nuits sans ventilateur."
Avec ces exemples, Erdwin cherche à mettre en évidence la distance entre le discours de solidarité internationale que beaucoup de ces groupes défendent et l'authenticité du pays. "La réalité de Cuba et de son peuple est différente, ce n'est pas celle qu'ils ont dans leurs têtes, ce n'est pas celle que 'ceux-là' exportent”, affirme-t-il.
Le message se termine par un avertissement concernant les limites de ce récit : "Je crois que le mensonge et la moquerie ont leurs limites, et ces limites sont sur le point d'être atteintes."
Les déclarations de l'acteur s'ajoutent à d'autres voix critiques, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'île, qui remettent en question ce type de visites organisées, soulignant que, loin de refléter la situation réelle, elles contribuent à renforcer une image déformée du pays, alors qu'une grande partie de la population fait face à des difficultés croissantes dans sa vie quotidienne.
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