Miguel Díaz-Canel a affirmé, dans un extrait d'interview diffusé par l'ex-leader de Podemos Pablo Iglesias, qu'il est prêt à donner sa vie pour la révolution cubaine, conviction qu'il a assuré avoir partagée avec sa propre famille.
Le fragment, publié par Iglesias sur son compte X, fait partie d'une interview plus longue enregistrée lors de la visite d'Iglesias à Cuba, dans le cadre du convoi "Nuestra América".
La question qui a motivé la déclaration portait sur le geste viral du chanteur-compositeur Silvio Rodríguez, qui avait publiquement exigé un fusil AKM sur son blog "Segunda Cita" face aux menaces de Washington : "J'exige mon AKM, s'ils s'attaquent. Et je le dis très sérieusement."
Díaz-Canel a répondu que ce geste était un symbole de la conviction du peuple cubain : "S'ils entrent, qu'on me donne mon AKM. Ce que dit Silvio est un symbole de quelle est la conviction de la majorité du peuple cubain."
Par la suite, le dirigeant est allé plus loin : "Je te le dis avec la profonde conviction que j'ai, que j'ai partagée avec ma famille, que nous donnerions notre vie pour la révolution". Il a toutefois précisé que le régime ne cherche pas l'affrontement. "Nous ne voulons pas de guerre. Nous voulons un dialogue, nous voulons parvenir à cette situation... Mais si cet espace ne se crée pas, nous sommes prêts."
Díaz-Canel a confirmé lors de l'entretien que le régime met en œuvre un "plan d'élévation de la préparation à la défense de tout le peuple", basé sur la doctrine historique de la Guerre de Tout le Peuple. Il a décrit cette doctrine comme "une conception de défense de la souveraineté et de l'indépendance du pays, mais avec une participation populaire", où "chaque Cubain sait quelle position, quelle mission il doit jouer dans la défense".
Le jeudi dernier, lors du dixième Jour National de la Défense, Díaz-Canel a présidé des exercices militaires à Playa Baracoa, avec la participation des FAR, des Milices des Troupes Territoriales, des Brigades de Production et de Défense, de l'Armée Juvenile du Travail et de civils.
Cette même journée, le ministre des FAR, Álvaro López Miera, a officiellement remis à Silvio Rodríguez un fusil AKM réel et une réplique symbolique, précisant que le geste était "uniquement symbolique".
Malgré la grave crise économique que traverse l'île, avec des coupures d'électricité généralisées, une pénurie de carburant, de nourriture et de médicaments, Díaz-Canel a déclaré devant Iglesias que "même en ces temps difficiles, à Cuba, les gens ont plus de choses et davantage de droits garantis que jamais dans l'histoire".
La visite d'Iglesias à Cuba a été critiquée par des opposants et des Cubains en exil, qui l'ont accusé de faire de la propagande pour le régime depuis un hôtel de luxe tandis que le peuple cubain endure l'une des pires crises de son histoire. Une Cubane résidant en Espagne a défié Iglesias de vivre un mois à Cuba dans des conditions réelles, loin des hôtels cinq étoiles.
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