Un vidéo publié sur Facebook par l'utilisateur Alfredo Torres montre une femme pédalant un bicitaxi dans les rues de Houston, Texas, déclenchant une vague de commentaires au sein de la communauté cubaine aux États-Unis.
Le clip montre la perspective de l'auteur depuis son véhicule. On voit plusieurs tricycles avancer sur la voie, dans un sens et dans l'autre de la route.
Torres commente avec humour : "Regardez, il y a aussi des bicitaxis ici, on dit que non, mais c'est faux. Ça ressemble à Cuba. Regardez là-bas, une femme qui pédale, et après on dit que non. C'est les États-Unis."
Le commentaire qu’il a laissé sur la vidéo ne laisse aucun doute sur son interprétation du phénomène : "Maintenant, c'est vraiment fichu. Voilà ce que provoque la hausse du prix de l’essence."
La référence n'est pas anodine : le prix de l'essence aux États-Unis a atteint 4,07 dollars le gallon le 16 mars, soit une augmentation de 25,6 % par rapport au mois précédent et de 18,7 % sur un an.
Les bicitaxis —ou pedicabs, comme on les appelle en anglais— ont une présence légale et régulée à Houston. Des entreprises comme Tribe Rides Pedicabs opèrent sous licence dans la ville, spécialisées dans des visites et des événements sportifs dans des zones telles que le NRG Stadium.
Cependant, de nombreux nouveaux opérateurs enfreignent les lois de circulation en circulant à contresens, en coupant des stationnements et en mettant en danger leurs passagers. Cette situation a conduit à exiger du Conseil municipal de Houston des réglementations plus strictes, avec des limites de vitesse, un plafonnement du nombre de permis accordés et un meilleur contrôle de la part de la police et de l'Administration des règlements automobiles.
Cette vidéo a une interprétation différente dans la communauté cubaine : celle de l'humour chargé de nostalgie. Un utilisateur a expliqué : "Ici à Miami, ils le font pendant la F-1 et cela aide beaucoup au transport des personnes depuis les parkings vers le circuit."
Les bicitaxis sont un symbole de l'ingéniosité des travailleurs indépendants cubains, nés durant la Période spéciale des années 90 en réponse à la pénurie de carburant et à l'effondrement des transports publics.
En Cuba, le tarifent à partir de 200 pesos cubains pour un court trajet et sont soumis à une loi de 2017 qui restreint la circulation des bicitaxis, interdisant de circuler en dehors de la municipalité d'enregistrement, sous peine d'amendes allant de 700 à 1 000 pesos ou de confiscation du véhicule.
Ce n'est pas le premier aperçu de bicitaxis aux États-Unis qui suscite des réactions virales au sein de la diaspora. En 2023 ils ont commencé à apparaître à Miami, provoquant des réactions similaires d'identification et d'humour parmi les Cubains résidant dans cette ville.
Houston, avec une communauté cubaine estimée à environ 100 000 personnes, rejoint désormais cette liste. Des milliers d'immigrants de l'île choisissent cette ville comme l'un de leurs destinations privilégiées pour s'installer aux États-Unis, ce qui explique en partie la résonance qu'a eu la vidéo sur les réseaux sociaux.
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