L'Iran accuse les États-Unis et Israël devant les Nations Unies d'avoir une "intention claire de commettre un génocide"



Donald Trump (i) et le ministre des Affaires étrangères iranien, Abás Araqchí (d)Photo © Collage X/La Maison Blanche - Wikimedia

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Le gouvernement de l'Iran a porté vendredi sa dénonciation contre les États-Unis et Israël devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, dans un contexte d'escalade militaire qui entre déjà dans sa quatrième semaine.

Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abás Araqchí, a accusé les deux pays d'agir avec une “intention claire de commettre un génocide” après une série d'attaques qui, selon Téhéran, ont frappé des infrastructures civiles et fait de nombreuses victimes.

Lors de son intervention - réalisée par vidéoconférence - Araqchí a soutenu que les bombardements ont atteint des objectifs non militaires, notamment des installations sanitaires et des zones résidentielles.

« Ils ont attaqué des hôpitaux, des ambulances, du personnel de santé et de la Croix-Rouge, des raffineries, des zones résidentielles… les décrire comme des crimes de lèse-humanité est peu. La gravité des atrocités des agresseurs s'accompagne d'une rhétorique qui laisse peu de doutes sur leur intention claire de commettre un génocide », a affirmé le ministre des Affaires étrangères iranien.

Le ministre a particulièrement évoqué l'attaque contre une école dans la ville de Minab, survenue le 28 février - premier jour du conflit - qu'il a qualifiée d'acte "délibéré".

Selon les premières enquêtes citées par l'Iran, l'action aurait été exécutée par des forces américaines.

Araqchí a assuré que ce bombardement constitue “un crime de guerre et contre l'humanité”, et a exigé de la communauté internationale une réponse ferme : “Il exige une condamnation sans équivoque et des comptes à rendre pour les coupables […] et on ne peut pas y faire face avec le silence et l'indifférence.”

Le débat urgent au Conseil des droits de l'homme a été convoqué à l'initiative de l'Iran, avec le soutien de la Chine et d'autres pays alliés, dans un contexte de pressions diplomatiques croissantes sur le conflit.

Pour Téhéran, l'escalade actuelle répond à un schéma plus large d'impunité.

Selon le chef de la diplomatie iranienne, la “guerre illégale” menée par Washington et Tel Aviv est “le résultat direct du silence face aux précédents mépris de la loi et aux atrocités en Palestine, au Liban et ailleurs”.

Le témoignage d'une mère

Le moment le plus émouvant de la séance a été marqué par Mohaddeseh Fallahat, mère de deux filles qui sont décédées lors de l'attaque contre l'école de Minab.

Son intervention, également par vidéoconférence, a donné un visage humain aux conséquences du conflit.

« Chaque jour, je ressens l'envie d'ouvrir la chambre de mes filles pour les voir dormir ou assises à dessiner », a-t-elle raconté.

« Je ne suis pas seulement une mère en deuil, je suis la voix de toutes les mères qui envoient leurs enfants à l'école en croyant qu'ils seront en sécurité. L'école devrait être un lieu où l'on apprend, où l'on rit, un endroit où se construit l'avenir du monde, et non un lieu où cet avenir s'envole en un instant », a-t-elle ajouté.

Son témoignage a renforcé la stratégie iranienne de centrer la dénonciation sur l'impact civil des attaques, en accord avec son offensive diplomatique au sein des organisations internationales.

Tension dans le détroit d'Ormuz

En parallèle à la dénonciation auprès de l'ONU, l'Iran a durci sa position dans le stratégique détroit d'Ormuz, l'une des principales artères du commerce énergétique mondial par où transite près de 20 % du pétrole mondial.

Dans une conversation téléphonique avec le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, Araqchí a défendu que l'interdiction de passage des navires liés à des pays considérés comme ennemis constitue “un droit légal” de l'Iran.

Selon des agences iraniennes, le chancelier a attribué l'insécurité croissante dans la région à « l'illégalité et à l'agression des États-Unis et du régime sioniste », tout en affirmant que les autorités iraniennes avaient pris des mesures pour garantir la navigation selon leurs propres termes.

La Garde révolutionnaire iranienne a été encore plus explicite en avertissant que toute embarcation traversant le détroit « fera face à de graves conséquences ».

« Il est interdit de déplacer tout navire 'vers et depuis' les ports d'origine des alliés et des ennemis depuis n'importe quel corridor », a indiqué le corps militaire dans un communiqué.

Selon cette même source, au moins trois navires porte-conteneurs de nationalités différentes ont été contraints de reculer après avoir tenté de naviguer par des routes restreintes.

Une guerre en expansion

Le conflit, qui a débuté le 28 février avec des attaques coordonnées des États-Unis et d'Israël sur le territoire iranien, a donné lieu à un échange constant d'offensives.

Téhéran a répondu par des vagues de missiles et de drones contre Israël et des objectifs stratégiques dans le Golfe, tout en maintenant un blocus de facto du détroit d'Ormuz, bien qu'il permette le passage de navires de pays alliés.

Dans ce scénario, les États-Unis n'ont pas écarté une opération terrestre en Iran.

Le président Donald Trump, pour sa part, a annoncé la prolongation jusqu'au 6 avril de la moratoire sur les attaques contre l'infrastructure énergétique iranienne, “à la demande du gouvernement” de Téhéran, selon ce qu'il a déclaré sur son réseau Truth Social.

L'escalade maintient la communauté internationale en alerte, tant en raison du risque d'une expansion régionale du conflit que de l'impact économique mondial résultant des tensions sur l'approvisionnement énergétique.

Pendant ce temps, l'Iran insiste pour porter sa plainte sur le terrain diplomatique, avec des accusations qui renforcent le ton et cherchent à placer le conflit sous le regard des organismes internationaux.

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