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Une juge fédérale a ordonné ce vendredi que le centre de détention migratoire connu sous le nom de "Alligator Alcatraz", situé dans les Everglades en Floride, garantisse à ses détenus un accès réel et confidentiel à une représentation légale.
Selon AP, la juge Sheri Polster Chappell a émis une injonction préliminaire dans l'affaire H.C.R. c. Noem, qui oblige le Service de contrôle de l'immigration et des douanes (ICE) et le Département de gestion des urgences de Floride à fournir des appels sortants confidentiels et immédiats pour les détenus.
Le tribunal a également exigé la publication d'informations sur la manière dont avocats et détenus peuvent entrer en contact, et de continuer à permettre les visites d'avocats sans nécessité de prise de rendez-vous préalable, et il a certifié l'affaire comme action collective, ce qui étend la protection à tous les détenus actuels et futurs dans l'établissement.
Le jugement est intervenu après deux jours d'audiences tenues en février, où des anciens détenus ont témoigné de la négation systématique de contact avec des avocats et du manque de papier et de crayons pour communiquer.
Avant l'ordonnance, les détenus ne pouvaient communiquer avec leurs avocats que par le biais de lignes téléphoniques surveillées et enregistrées, et les avocats devaient demander des rendez-vous avec au moins trois jours d'avance, contrairement aux centres fédéraux où les visites peuvent se faire sans préavis.
Le cas a été présenté par l'Union Américaine des Libertés Civiles (ACLU), la ACLU de Floride et l'organisation Americans for Immigrant Justice.
Corene Kendrick, Directrice Adjointe du Projet National des Prisons de l'ACLU, a été catégorique après le jugement : "L'accès à une représentation légale est un droit constitutionnel... Nous ne nous arrêterons pas tant que cette installation abusive ne sera pas fermée."
Le centre, construit en seulement huit jours en juin 2025 sur ordre du gouverneur Ron DeSantis à l'aide de pouvoirs d'urgence, a ouvert ses portes le 3 juillet 2025 à l'aéroport Dade-Collier, dans la réserve nationale de Big Cypress à Ochopee, avec une capacité de 3 000 détenus.
Depuis son ouverture, l'installation a accumulé de multiples fronts judiciaires : des poursuites pour violations environnementales, pour conditions inhumaines et maintenant pour des restrictions à l'accès légal.
Entre 700 et 800 Cubains se trouvent actuellement détenus là-bas, y compris des personnes jusqu'à 84 ans, et 70 % d'entre eux n'ont pas d'ordres de déportation définitifs, selon la plainte.
Amnesty International a qualifié en décembre 2025 certaines pratiques de ce centre — y compris l'utilisation prolongée de menottes — de torture, tandis que des détenus cubains ont dénoncé des conditions de jusqu'à 32 personnes par cage, des toilettes débordantes, de la nourriture avariée et des soins médicaux insuffisants.
Le coût d'exploitation s'élève à 249 dollars par détenu et par nuit — trois fois la moyenne de l'État — et dépasse un million de dollars par jour au total, tandis que les 608 millions de dollars de fonds fédéraux promis restent bloqués en raison d'une révision environnementale en attente.
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