L'Observatoire Cubain des Droits de l'Homme (OCDH) a exigé que le grâce annoncée par le régime cubain inclue la totalité des prisonniers politiques, considérant que les avancées enregistrées jusqu'à présent sont insuffisantes.
Dans un message publié sur X, l'organisation a indiqué qu'elle maintient le contact avec les familles des prisonniers politiques pour suivre le processus et a souligné que celui-ci doit être “rapide, transparent” et inclure tous les détenus pour des raisons de conscience.
L'OCDH a averti que, jusqu'à ce jeudi matin, seulement 27 prisonniers politiques avaient été libérés dans le cadre de l'accord avec le Saint-Siège, ce qu'il a qualifié de progrès "pauvre" par rapport au nombre élevé de personnes emprisonnées pour des raisons politiques sur l'île.
L'organisation a insisté sur l'urgence d'accélérer les libérations pour des raisons de justice et humanitaires, dans un contexte marqué par des dénonciations concernant les conditions précaires dans les prisons cubaines.
Les critiques s'ajoutent à celles exprimées par l'opposant José Daniel Ferrer, qui a remis en question l'annonce de l'amnistie de plus de 2 000 condamnés faite par le régime cubain ce jeudi.
Ferrer a accusé le régime d'essayer de “sortir du pétrin dans lequel il se trouve” par cette mesure et a mis en doute qu'elle inclue des prisonniers politiques.
«Vont-ils libérer Félix Navarro, Saylí, Maikel Osorbo, Luis Manuel Otero, Lisandra Góngora, Noslén Ayala, et tous les autres prisonniers politiques ?», a-t-il demandé.
Il a également remis en question les conditions dans lesquelles pourraient avoir lieu les libérations, en avertissant qu'il ne s'agit pas d'une solution structurelle.
« Est-ce libérer, ou excarcérer des prisonniers mourants de faim et de maladies tout en continuant d'incarcérer des personnes pour des raisons politiques, y compris des mineurs ? » a-t-il souligné.
Le gouvernement cubain a annoncé l'excarcération de 2 010 personnes dans le cadre d'un pardon approuvé en vertu des bénéfices pénitentiaires établis par la loi et conformément à la Constitution.
Selon la version officielle, la mesure répond à une analyse qui a pris en compte le comportement des détenus, le temps purgé de leurs sanctions, les caractéristiques des crimes commis et leur état de santé.
Parmi les bénéficiaires figurent des jeunes, des femmes, des adultes de plus de 60 ans, des étrangers ainsi que des Cubains résidant à l'étranger, tandis que sont exclus ceux ayant commis des crimes jugés graves, ainsi que les récidivistes et les multirécidivistes.
L'annonce intervient dans le contexte de la Semaine Sainte et constitue la deuxième libération depuis le début de l'année, dans une pratique que le régime présente comme habituelle dans son système pénal, mais qui soulève à nouveau des interrogations sur sa portée réelle en matière de droits humains.
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