Ulises Toirac déplore que la doctrine qui a semé l'intransigeance entre les Cubains ait conduit le pays à une “catastrophe”



« Plus que des factions, il y a une nation à sauver », a réfléchi Toirac au sujet de l'avenir de CubaFoto © Facebook/Ulises Toirac et le journal Girón

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L'humoriste et acteur cubain Ulises Toirac a publié aujourd'hui, le Dimanche de Pâques, une réflexion dans laquelle il qualifie la situation de Cuba de "catastrophe" et affirme ne pas voir de solution "même à moyen terme".

Toirac a partagé le texte sur son profil public Facebook, en réponse à un ami qui lui demandait comment il percevait le chemin du pays.

"Je le vois très très mal. La doctrine qui a semé l'intransigeance : cubain contre cubain, a servi de combustible à nos anciennes divisions qui ont tant empêché le triomphe des guerres mambisas", a écrit l'artiste.

Captura de Facebook/Ulises Toirac

Pour Toirac, cette fracture historique non seulement n'a pas été surmontée, mais s'est même aggravée. "Aujourd'hui, notre pays est en catastrophe, car cette catastrophe de la Nation est plus forte que jamais", a-t-il soutenu.

L'humoriste a identifié comme obstacle central l'incapacité de tous les acteurs sociaux à placer la nation avant leurs intérêts particuliers. "Tant que nous ne comprendrons pas que, plus que des partis, il y a une nation à sauver. Tant que nous ne le comprendrons pas TOUS et que nous continuerons à revendiquer des privilèges égoïstes en exacerbant le contraire, nous serons plus cuits qu'une lisette à Manzanillo," a-t-il argumenté.

Son diagnostic était particulièrement sombre en ce qui concerne l'horizon temporel. "Je ne vois pas de solution à moyen terme. Les blessures valent plus que les souhaits."

Profitant du cadre symbolique de cette importante célébration chrétienne, Toirac a formulé sa réflexion sous la forme d'une question sur "ce qui nous empêche de revenir à (la) vie", tout en concluant par une affirmation directe : "Aucune bataille ne se gagne ainsi".

La publication intervient dans un contexte d'activité critique intense de l'artiste sur les réseaux sociaux au cours des derniers mois.

Le samedi, Toirac a averti que l'indulgence de 2 010 prisonniers annoncée par le gouvernement cubain en tant que geste humanitaire de la Semaine Sainte excluait les condamnés pour "crimes contre l'autorité", la catégorie sous laquelle le régime a systématiquement poursuivi les manifestants des vastes protestations du 11 juillet 2021, et des actes de désobéissance civile ultérieurs.

"La mention d'exclure les 'délits contre l'autorité' me fait soupçonner que, dans l'hypothèse d'indultes pour des prisonniers politiques, cela se fera de manière très sélective," a-t-il souligné.

Au cours du mois de mars, Toirac a également attribué le effondrement électrique à "30 ans de décalage dû à une mauvaise politique" d'investissements, a rejeté l'idée que les sanctions extérieures soient la principale cause de la crise économique et a affirmé que les décisions de ce gouvernement sont celles qui ont embrasé l'économie.

Al cierre de février 2026, l'organisation Prisoners Defenders comptait 1 214 prisonniers politiques à Cuba, dont 218 sont condamnés pour sédition avec des peines moyennes de 10 ans.

La publication de ce dimanche était accompagnée d'une image artistique du drapeau cubain en train de se désintégrer, un symbole visuel qui renforce le ton du message : "Aucune bataille ne se gagne de cette manière."

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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