La CIDH recommande aux pays américains de se retirer du Programme des Missions Médicales Cubaines en raison d'irrégularités



Médecins cubains en missions (Image de référence)Photo © Misiones.minrex.gob.cu

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La Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a exhorté hier tous les pays du continent à se retirer du Programme des Missions Médicales Cubaines.

L'organisme a publié un rapport de 199 pages qui conclut que le programme fonctionne comme une machinerie de collecte de devises pour le régime cubain, avec des indications graves de travail forcé, de trafic de personnes et d'esclavage moderne. La nouvelle a été largement couverte par des médias internationaux tels que El País.

Le document, élaboré en collaboration avec la Rapporteur Spéciale sur les Droits Économiques, Sociaux, Culturels et Environnementaux, est basé sur les témoignages de 71 professionnels de missions déployées dans 109 pays et détaille un schéma systématique de violations que le régime de La Havane a nié, les qualifiant de campagne de diffamation.

Parmi les conclusions les plus graves figure la retenue salariale : l'État cubain conserve entre 60 % et 97,5 % de ce que les pays récepteurs paient pour chaque médecin.

Le cas du Mexique illustre l'ampleur du système : ce pays payait environ 3,750 dollars par mois pour chaque médecin, tandis que le professionnel cubain ne recevait que 200 dollars. En Italie, par exemple, le pays payait 4,700 dollars et le médecin ne recevait que 1,200 dollars.

Selon des chiffres officiels de l'Office national des statistiques et de l'information du régime (ONEI), les services de santé ont généré 4,882 millions de dollars en 2022, faisant des missions la principale source de revenus de l'État cubain, même devant le tourisme.

La CIDH a documenté des situations compatibles avec des formes contemporaines d'esclavage ou de travail forcé, y compris des pratiques telles que les fraudes contractuelles, la rétention de documents d'identité, la confiscation des salaires, le contrôle et la surveillance de la vie privée.

Les représailles contre ceux qui abandonnent la mission sont sévères : interdiction de retourner à Cuba pendant jusqu'à huit ans, perte de logement, comptes bancaires gelés et pressions sur les membres de la famille qui restent sur l'île.

El Code pénal cubain, dans son article 135, pénalise l'abandon de mission avec une peine de trois à huit ans d'emprisonnement.

Le président de la CIDH a été catégorique lors d'une interview avec NTN24 : "Il fautéradiquer toute pratique, y compris celle-ci, qui constitue une violation systématique des droits de l'homme."

Le rapport arrive à un moment où plusieurs pays ont déjà agi dans ce sens. Au cours des premiers mois de 2026, le Guatemala, le Honduras, la Jamaïque, la Guyane, Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, la Dominique et la Grenade ont annulé ou n'ont pas renouvelé leurs accords avec le programme.

Inclus même le Nicaragua, allié historique du régime cubain sous Daniel Ortega, a annulé ses contrats. Le Mexique et le Venezuela demeurent les principales destinations des missions dans la région.

Ce qui a commencé en 1963 avec l'envoi d'une première brigade permanente en Algérie a mobilisé, en six décennies, plus de 600 000 professionnels de la santé cubains dans au moins 165 pays.

La CIDH exige désormais à l'État cubain et aux pays récepteurs de garantir la volontarité de la participation, le paiement intégral et direct de salaires justes, la liberté de mouvement et l'élimination de toute forme de travail forcé, en plus d'établir des mécanismes d'inspection indépendants conformes aux normes internationales en matière de droits de l'homme.

Human Rights Watch, qui dès juillet 2020 a qualifié les conditions de travail des médecins cubains en mission de "draconiennes", s'ajoute ainsi à une longue liste d'organismes internationaux qui ont dénoncé ce schéma, parmi lesquels se trouve l'ONU, qui en 2024 a demandé des explications à Cuba concernant les accusations d'esclavage au travail.

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