Régime impulse "Red Juvenil" pour renforcer le contrôle idéologique et politique dans les communautés



Des fonctionnaires du régime cubain se réunissent avec des jeunes pour présenter le "Réseau Jeunesse Communautaire".Foto © X/Manuel Marrero Cruz.

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Le régime cubain a présenté la "Réseau Juvenil Communautaire", une initiative annoncée par le Premier ministre Manuel Marrero Cruz sur son compte officiel sur X et également dirigée par le dirigeant désigné Miguel Díaz-Canel, avec la participation de membres de l'Union des Jeunes Communistes (UJC) et d'organisations étudiantes.

L'entretien formel de mercredi trouve son origine dans une réunion précédente tenue le 27 mars dans le Salón de Protocolo du Laguito, à La Havane, selon l'émetteur officiel Radio Rebelde, où Díaz-Canel a qualifié le projet de "méga-projet" et a appelé les jeunes sélectionnés à "combattre" pour la Révolution sous la devise produire c'est résister, et créer c'est vaincre.

Dans son message sur X, Marrero Cruz a décrit le réseau comme une opportunité de participer et d'apporter, au niveau local, à la défense, la production, la communication sociale, la formation idéologique et le développement culturel.

Le langage officiel révèle le caractère politique de l'initiative : loin d'être un mouvement spontané, le réseau sera supervisé et exécuté par l'appareil d'État dans son intégralité.

Le ministre lui-même a été explicite à ce sujet : "Les ministères ne seront pas un soutien, mais doivent participer, tout comme les gouverneurs et les autorités administratives des municipalités", et a appelé à "mobiliser l'ensemble de la jeunesse afin que tous les projets soient mis en œuvre".

La structure du réseau s'articule autour de sept projets sous le slogan "Innover, Créer, Diriger", organisés en brigades par axes stratégiques au niveau du conseil populaire, de la municipalité et de la province.

Parmi les projets les plus révélateurs figure "Zona Joven Segura", orienté vers la préparation à la défense par le biais de rondes de jeunes pour surveiller les infrastructures communautaires, et "Conciencia Joven", destiné à promouvoir "l'amour et la défense de la patrie" et à construire ce qu'on appelle "l'homme nouveau" face à la "guerre idéologique".

Le projet "Código Joven" va plus loin : il transforme la communication juvénile en "une arme pour la bataille idéologique", avec l'activation de "ruchettes juvéniles numériques" dans les provinces et les municipalités pour générer des contenus et "démentir les fausses nouvelles contre Cuba".

Meyvis Estévez Echevarría, première secrétaire de la UJC, a défini le réseau comme "l'entrelacement organisationnel de jeunes dans un territoire qui, articulés en brigades selon des axes stratégiques, exécutent des actions de défense, de production, de communication, de formation idéologique, de culture et de solidarité".

Le lancement se produit à un moment de profonde crise de légitimité du régime parmi les jeunes cubains. La UJC a perdu plus de 200 000 membres entre 2007 et 2024, passant de 609 000 à 415 000 affiliés, une chute de 32% attribuée principalement à l'émigration massive et à la désaffection idéologique.

Un 800 000 jeunes Cubains sont déconnectés du travail et des études, tandis que Cuba traverse des coupures de courant allant jusqu'à 20 et 40 heures, une hyperinflation et une pénurie chronique de nourriture et de médicaments.

Le réseau commencera de manière progressive, avec La Havane Vieille comme point de départ, dans un contexte où Díaz-Canel a déjà fixé le ton de ce qui s'annonce : "Nous avons déjà les idées, maintenant commence la bataille".

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