Jeune Cubain dénonce une menace de la Sécurité de l'État : "Ils vont m'inventer une cause"



Alfredito Fominaya.Photo © Capture d'écran Facebook/Alfredito Fominaya.

El cubain Alfredito Fominaya a publié une vidéo sur Facebook dans laquelle il dénonce publiquement que la Sécurité de l'État le surveille et prévoit de lui fabriquer une affaire pénale pour le faire emprisonner, uniquement pour avoir exprimé ses opinions.

Dans le reel, enregistré dans ce qui semble être son studio personnel, Fominaya raconte qu'un agent de l'État s'est approché d'un de ses amis pour lui transmettre un avertissement, précisant que comme ils ne peuvent pas l'arrêter pour avoir exercé son droit constitutionnel à s'exprimer, ils lui inventeront une accusation.

"Je suis menacé d'être arrêté. Un ami s'est fait aborder et on lui a dit que la Sécurité de l'État me surveille, qu'ils vont me fabriquer un dossier, qu'ils vont agir, qu'ils vont me lier à quelque chose, qu'ils vont inventer quelque chose, ils sont créatifs pour le faire," a affirmé Fominaya.

Le jeune a été direct en désignant l'appareil répressif comme responsable de ce qui pourrait lui arriver : "Je tiens la Sécurité de l'État responsable de ce qui pourrait arriver à ma vie. De ce qui pourrait arriver à ma famille, je tiens la Sécurité de l'État responsable. Ce que j'ai fait, c'est exercer mon droit constitutionnel à donner mon avis. Il n'y a aucun délit dans ce que je fais."

Fominaya n'est pas une voix inconnue dans l'espace critique cubain sur les réseaux sociaux. Le 29 mars dernier, il a protagonisé une réponse largement diffusée au trovador Silvio Rodríguez, suite à la polémique où le régime lui a remis un vrai fusil AKM lors d'un acte officiel présidé par Miguel Díaz-Canel. Fominaya lui a répondu : "Tu as choisi de porter le mauvais instrument. Tu as préféré porter un AKM pour perpétuer l'oppression plutôt que d'apporter la guitare, qui est ce que tu sais utiliser pour inspirer le peuple."

Cette visibilité publique a pu intensifier le contrôle de la Sécurité de l'État sur son activité.

Le mécanisme dénoncé par Fominaya —menaces indirectes par l'intermédiaire de tiers et fabrication de charges pénales— est largement documenté par des organisations telles que Cubalex, Human Rights Watch et Prisoners Defenders.

Des cas comme celui de l'influenceuse Anna Bensi, placée en résidence surveillée en mars, ou des membres du projet El4tico, arrêtés en février à Holguín pour "propagande contre l'ordre constitutionnel", illustrent le même schéma.

Selon Prisoners Defenders, à la fin février, Cuba comptait 1 214 prisonniers politiques. Le graciation massive annoncée le 2 avril pour 2 010 détenus a explicitement exclu ceux condamnés pour "crimes contre l'autorité", catégorie sous laquelle tombent habituellement les opposants et les critiques du régime.

"Il ne peut pas en être ainsi, on ne devrait pas avoir à faire face à ce genre de menaces et de répressions. Liberté pour ma terre. Dieu a le contrôle de ma vie, de ma maison, de ma famille, de tout ce que je fais, et il continuera à l'avoir", a conclu Fominaya dans sa dénonciation.

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