Cubana défenderesse du communisme crie depuis Tenerife : "Vive mon président Díaz-Canel"



Cubana sort en défense de Díaz-CanelPhoto © Facebook / Lucía Céspedes et Présidence Cuba

Une Cubaine résidant à Tenerife, identifiée comme Lucía Céspedes Ocampo, est devenue virale sur Facebook après avoir publié une vidéo dans laquelle elle crie "Viva Cuba, viva mon président Díaz-Canel, à bas le blocus" et qualifie de "traitres à la patrie, vers de terre traînants, bombardiers et lèche-bottes des Gringos" ceux qui critiquent le régime cubain, le tout depuis le confort des Îles Canaries, Espagne.

La vidéo a déclenché une avalanche de critiques en raison de la contradiction qu'elle incarne : défendre le socialisme cubain tout en profitant du capitalisme européen.

Dans ses propres mots, Céspedes affirme sortir "le cœur à découvert et le visage découvert pour défendre notre peuple" et déclare ne pas se soucier des opinions de ceux qui "défendent les génocides, qui défendent les bombes et qui défendent Donald Trump".

Ce qu'il n'explique pas, c'est pourquoi ce peuple qu'il dit défendre fuit massivement l'île : plus de 700 000 Cubains ont émigré entre 2021 et 2025, et il est au cœur de constantes manifestations pour faire face à la crise généralisée et contre la dictature, exigeant la liberté.

Dans une deuxième vidéo, Céspedes révèle la joye de la couronne de son argument : pour "rompre le blocus", il organise depuis Tenerife l'achat de riz, de haricots, d'huile et de produits d'hygiène pour les personnes âgées à Cuba, il prévoit de créer des jardins communautaires, d'élever des poules pondeuses et d'acquérir un tricycle électrique avec plusieurs collaborateurs. "De cette manière, on rompt le blocus", explique-t-il avec le plus grand sérieux.

L'ironie est difficile à surmonter : la même femme qui insulte l'"exil gusano" a besoin de l'argent gagné dans le capitalisme espagnol pour acheter du riz aux grands-parents cubains, reconnaissant implicitement que l'État qu'elle défend est incapable de garantir le plus basique à ses citoyens. Céspedes encourage même d'autres Cubains à l'étranger à investir dans l'île, s'adressant exactement à cette diaspora qu'elle qualifie de "vendepatrias".

Les internautes n'ont pas manqué de relever la contradiction. "Défendre le socialisme en vivant dans un pays capitaliste, c'est fou, quelle audace ! Lèche-bottes de la dictature qui opprime son propre peuple, le blocus est le PCC", a écrit un utilisateur. Un autre a été plus direct : "Le peuple veut la liberté, continue de dépenser les mégaoctets qu'on te paye pour parler en faveur de la dictature". Un troisième lui a rappelé : "cet exil que tu appelles 'vers la mer' ce sont ceux qui ravitaillent l'île à 99 pour cent, pas tes bourreaux obstinés qui implorent maintenant l'entrée d'investissements étrangers".

Le contexte dans lequel la vidéo apparaît rend sa position encore plus frappante. Le 29 mars dernier, des centaines de Cubains se sont rassemblés sur la Plaza de España à Santa Cruz de Tenerife sous le slogan "La liberté est pour cette année", scandant "À bas Díaz-Canel" et "Patrie et Vie". Céspedes nage donc à contre-courant de l'opinion dominante au sein de la diaspora canarienne.

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