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Arnaldo Clavel Carmenaty, qui fut directeur du journal Sierra Maestra —organe officiel du Parti Communiste de Cuba (PCC) à Santiago de Cuba— pendant plus d'une décennie, est décédé le vendredi 10 avril à La Havane à l'âge de 72 ans.
La nouvelle a été confirmée par le collectif lui-même du journal sur ses réseaux sociaux, où ils ont exprimé ses condoléances à sa femme Bárbara et à sa fille Jessica.
Clavel Carmenaty a consacré toute sa carrière professionnelle au service de la presse d'État cubaine, commençant dans El Combatiente, organe de l'Armée Orientale des Forces Armées Révolutionnaires (FAR), où il a exercé en tant que correcteur d'imprimerie, rédacteur en chef et secrétaire de la section syndicale.
Posteriormente, il a rejoint le journal Sierra Maestra, où il a exercé en tant que directeur de mars 1994 à juillet 2011, une période de 17 ans qui en a fait l'un des directeurs les plus anciens du secteur.
Sa carrière ne s'est pas limitée au journalisme : il a intégré le Comité Provincial du PCC à Santiago de Cuba et a présidé l'Union des Journalistes de Cuba (UPEC) dans la province, deux postes qui témoignent de son entière intégration dans l'appareil idéologique du régime.
La UPEC, fondée en 1963, fonctionne en pratique comme un bras du Département idéologique du PCC pour contrôler la presse d'État et exclure le journalisme indépendant, selon des organisations internationales de liberté de la presse.
Pendant son mandat à la tête de Sierra Maestra, Clavel a également dirigé le télécentre Tele Turquino avant de revenir à la presse écrite. Au cours de ses dernières années, il s'est installé à La Havane, où il a travaillé à l'Agence Cubana de Noticias (ACN), une autre pièce du dispositif informatif de l'État.
Le journal Sierra Maestra, fondé le 7 septembre 1957 en tant que bulletin clandestin du Mouvement 26 de Juillet, s'est transformé après 1959 en porte-parole du régime dans l'est du pays, publiant pendant des décennies des contenus alignés avec la narration officielle et censurant les informations gênantes.
Un des épisodes les plus illustratifs de cette fonction de propagande a eu lieu en septembre 2025, lorsque le média a publié puis supprimé une note attribuant au "sabotage lâche et criminel" l'effondrement du Système Électrique National en Orient, après avoir été démenti par le propre Gouvernement Provincial de Santiago.
La nouvelle Loi sur la Communication Sociale cubaine renforce ce monopole informatif, en reconnaissant uniquement les médias liés à l'État et au PCC, et en pénalisant avec des peines de six mois à trois ans de prison les contenus qui "subvertissent l'ordre constitutionnel".
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