Au cœur de la crise, le régime convoque le 1er mai sur un ton de guerre face aux États-Unis.



La CTC convoque pour le Premier Mai.Photo © Facebook/Central de Trabajadores de Cuba.

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La Central de Trabajadores de Cuba (CTC), ses syndicats nationaux et l'Association Nationale des Innovateurs et Rationnalisateurs (ANIR) ont lancé ce dimanche l'appel officiel pour le 1er mai 2026, sous la devise "La Patrie se défend", avec un ton résolument belliqueux et anti-américain qui reflète l'escalade des tensions entre La Havane et Washington.

L'appel a été présenté par Osnay Miguel Colina Rodríguez, président de la commission organisatrice du XXII Congrès de la CTC, en présence de personnalités du Parti communiste telles que Liván Izquierdo Alonso, premier secrétaire à La Havane, et la gouverneure Yanet Hernández Pérez.

Colina Rodríguez a affirmé que, face aux pressions du gouvernement américain renforcées par la déclaration exécutive du 29 janvier, il n'y a rien de plus important et décisif aujourd'hui que de travailler ensemble et de nous élever en tant que pays.

Captura de Facebook/Central de Trabajadores de Cuba.

La convocation évoque des références historiques de résistance telles que la Protestation de Baraguá d'Antonio Maceo, le discours "Los Pinos Nuevos" de José Martí et le concept de Révolution de Fidel Castro du 1er mai 2000.

Le document appelle à défendre le pays "depuis le sillon, les usines, les salles de classe, les centres scientifiques, les centrales thermiques, les hôpitaux, la culture, le sport ; depuis chaque tranchée de combat", et reconnaît ouvertement l'existence "d'une menace militaire réelle", citant le vers du Hymne national : "Mourir pour la Patrie, c'est vivre".

Cette rhétorique belliqueuse répond directement aux déclarations de Donald Trump le 28 mars à Miami, où il a affirmé que parfois, il faut employer la force militaire et Cuba est la suivante, ce qui a conduit le régime à activer la mobilisation de ses Forces Armées et à invoquer la doctrine de la "guerre de tout le peuple".

La convocation intervient au pire moment économique et énergétique que Cuba ait connu depuis des décennies. Depuis le 3 janvier 2026, la capture de Nicolás Maduro a interrompu les envois de pétrole vénézuélien —dont l'île dépendait à hauteur de 25 000 à 30 000 barils par jour—, et le Mexique a suspendu ses envois le 9 janvier sous la pression de Washington.

Le résultat est une crise électrique dévastatrice : des pannes de courant allant de 10 à 25 heures par jour, un déficit de production atteignant jusqu'à 2 040 mégawatts face à une demande de 3 000 mégawatts, et au moins trois effondrements totaux du système électrique national en mars, y compris un de près de 30 heures le 16 de ce mois.

A cela s'ajoute une économie qui projette de se contracter de 7,2 % en 2026, avec 89 % de la population vivant dans une pauvreté extrême, selon les données du dossier de recherche.

Dans ce contexte, la propre convocation reconnaît implicitement les limitations matérielles en demandant de célébrer le 1er Mai "avec la rationalité que nous avons dû adopter face aux restrictions imposées", une admission sous-jacente que les grands défilés des années précédentes ne sont pas viables dans les conditions actuelles.

La rhétorique de l'unité se heurte à la réalité démographique : plus d'un million de Cubains ont émigré depuis 2021, la population est passée de 11,3 millions à entre 8,6 et 8,8 millions, et 93 % de ceux qui restent sur l'île affirment qu'ils partiraient s'ils le pouvaient.

La Maison Blanche a déclaré en avril 2026 que le régime cubain est voué à disparaître, tandis que Colina Rodríguez clôturait son appel avec ces mots : "Nous appelons à un 1er Mai qui nous ébranle en tant que pays, dans l'unité et l'engagement d'être utiles, d'apporter et de défendre le projet dont rêvait Martí et que Fidel a réalisé".

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