L'assassinat d'une jeune mère de 23 ans à Matanzas porte à 16 le nombre de féminicides à Cuba en 2026



Marina (Marian) Pino MartínezPhoto © Réseaux Sociaux

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Les observatoires de genre indépendants Alas Tensas (OGAT) et Yo Sí Te Creo en Cuba (YSTCC) ont confirmé ce lundi le meurtre d'une jeune mère de 23 ans par son ancien partenaire à Jagüey Grande, Matanzas, un fait qui porte à 16 le nombre de féminicides enregistrés à Cuba en 2026.

Marina (Marian) Pino Martínez, mère de deux petites filles, l'une de quatre ans et l'autre de quelques mois, est décédée le 10 avril dernier chez elle à San Bernardo, à la suite de l'agression de son ex-partenaire, selon le rapport des deux organisations - qui tiennent un registre indépendant des cas de féminicides sur l'île - et des informations qui ont circulé sur les réseaux sociaux depuis qu'est survenu ce tragique événement.

Ce crime de violence machiste, le troisième signalé par les observatoires en moins de 30 heures, suscite une nouvelle fois choc et douleur dans la société cubaine.

Captura de Facebook/Alas Tensas

Le décès de Marian, qui travaillait comme éducatrice pour jeunes enfants, a particulièrement ébranlé la communauté de Jagüey Grande, municipalité qui a été le théâtre de plusieurs féminicides ces dernières années.

Perfiles non officiels sur les réseaux sociaux ont diffusé les informations préliminaires sur le cas et ont identifié l'agresseur de la jeune femme comme étant José Luis Piña, qui a été capturé un jour après le crime. Ces données n'ont pas été confirmées officiellement ni par les plateformes indépendantes.

OGAT et YSTCC ont alerté dans leur communiqué sur "une nouvelle tendance de revictimisation sur les réseaux sociaux concernant Cuba, ciblant les femmes dans le cycle de la violence machiste" et ont affirmé qu'"il est impossible de sortir de ce cycle sans aide spécialisée ni un protocole de justice pour ce problème spécifique".

"La société cubaine manque aujourd'hui de l'essentiel pour répondre de manière adéquate à toutes les personnes touchées par la violence féminicide", ont-ils affirmé, un avertissement qu'ils ont fait à plusieurs reprises face au vide légal et institutionnel concernant les féminicides à Cuba.

La réponse du gouvernement cubain face à la violence croissante contre les femmes est pratiquement inexistante. Le pays ne dispose pas de loi globale sur la violence de genre et le Code pénal approuvé en 2022 ne considère pas le féminicide comme un délit autonome ; il n'existe également ni refuges ni protocoles de protection efficaces pour les femmes et les filles en danger.

Le total combiné d'OGAT et YSTCC jusqu'au 13 avril s'élève à 16 féminicides confirmés, neuf tentatives de féminicide et un meurtre d'homme pour des motifs de genre.

Les plateformes enquêtent également sur 11 possibles féminicides, quatre tentatives de féminicide et un meurtre d'homme motivé par le genre signalés en 2025, ainsi que six possibles féminicides signalés en 2026.

Le cas de Marian Pino s'ajoute à une escalade croissante de crimes de cette nature depuis le début de l'année. Ce dimanche, les observatoires ont confirmé deux autres féminicides : celui de Yarisleidis Saavedra Hernández, âgée de 26 ans, assassinée par son père à Pinar del Río, et celui de Maylén Fernández Soriano, également âgée de 26 ans, dont le partenaire l'a privée de la vie en présence de son jeune enfant, à Las Tunas.

À propos de Maylén, les observatoires ont signalé que "bien qu'elle soit encore en vie et face à l'extrême précarité, elle a été transportée vers l'hôpital dans une charrette à bœufs et est décédée avant d'arriver".

Pendant le premier trimestre de 2026, 13 féminicides ont été documentés : six en janvier, un en février et six en mars. Au moins sept mineurs ont été privés de la garde de leurs mères en conséquence directe de ces crimes.

Les chiffres de l'OGAT et de l'YSTCC constituent un sous-enregistrement de la réalité, puisque l'État cubain ne publie pas de statistiques complètes ni désagrégées sur ces crimes.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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