Violence contre les femmes : Les observatoires documentent 13 féminicides à Cuba au premier trimestre de 2026



Femmes à Cuba (image de référence)Photo © CiberCuba

Les observatoires indépendants Alas Tensas (OGAT) et Yo Sí Te Creo en Cuba (YSTCC) ont documenté 13 féminicides à Cuba au cours du premier trimestre de 2026, avec six cas en janvier, un en février et six en mars.

Un rapport publié par OGAT ce mardi indique que la province de Granma a concentré le plus grand nombre de crimes de violence machiste, avec trois cas vérifiés, suivie par Pinar del Río avec deux, et un dans respectivement Sancti Spíritus, Camagüey, Guantánamo, Villa Clara, Mayabeque, Cienfuegos, Las Tunas et La Havane.

Parmi les 13 féminicides enregistrés entre le 1er janvier et le 31 mars de cette année, huit se sont produits en zones urbaines et cinq en zones rurales. De plus, huit ont été commis dans des logements, quatre dans des espaces publics et un sur un terrain vague ou une décharge.

Les observatoires ont vérifié que trois des agresseurs avaient des antécédents de violence. Les crimes ont été commis avec des armes blanches (8), à coups (1), par asphyxie ou étranglement (1), démembrement (1) et d'autres méthodes (2).

Al moins sept mineurs se retrouvent privés de la garde de leurs mères en raison directe de ces crimes de violence machiste, dans un contexte caractérisé par l'absence de mécanismes de protection intégrale pour les victimes directes et indirectes.

Parmi les cas les plus marquants du trimestre figure celui de Katherine Cruz Aguilera, une adolescente de 14 ans assassinée le 14 mars dans le quartier de La Caldosa, El Cornito, à Las Tunas, présumément par son ex-beau-père.

À la même date, Maribel Batista Rodríguez, âgée de 54 ans, a été assassinée par son ex-partenaire dans le quartier Moscou, dans la municipalité de Manzanillo, Granma.

Une semaine plus tard, le 21 mars, la petite fille Gabriela Herrera Rodríguez, âgée de sept ans, a été tuée dans le quartier de Chibás, à Guanabacoa, La Havane, apparemment par un voisin, dans une affaire classée comme féminicide infantile. 

Le premier féminicide de l'année a été celui de Magaly Aragón Aragón, une infirmière de 59 ans, retrouvée morte le 6 janvier dans une plantation de canne à sucre du camp pénitentiaire Las Mulas, à Jatibonico, Sancti Spíritus. 

Au cours des trois premiers mois de 2026, sept tentatives de féminicide ont également été signalées, selon le sous-enregistrement des deux plateformes.

En 2025, au moins 48 femmes ont été victimes de féminicides à Cuba, selon les bilans des deux observatoires. OGAT et YSTCC signalent que leurs chiffres représentent un sous-enregistrement des véritables chiffres de féminicides dans le pays, étant donné que l'État cubain ne publie pas de statistiques complètes, désagrégées ou transparentes sur ces crimes.

Les deux plateformes ont dénoncé à de nombreuses reprises le vide juridique et institutionnel concernant les féminicides à Cuba, car il n'existe pas de loi globale sur la violence de genre ni le féminicide n'est qualifié comme un délit indépendant, bien que le Code pénal fasse référence à la violence machiste.

Sur l'île, il n'y a également ni refuges ni protocoles de protection accessibles pour les femmes et les filles en danger. Ces lacunes du système font que des milliers de femmes restent exposées à des agresseurs connus — partenaires, ex-partenaires, voisins, membres de la famille — et facilitent l'impunité.

OGAT a également signalé que chaque jour, il est de plus en plus difficile de vérifier et de compléter les dossiers en raison de la déconnexion et des coupures de courant à Cuba.

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