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Le Commandement Central des États-Unis (CENTCOM) a assuré ce mardi que durant les premières 24 heures du blocus naval des ports iraniens, aucun navire n'a réussi à franchir le dispositif déployé dans le détroit d'Ormuz, dans le cadre de l'Opération Fureur Épique. Cependant, des données indépendantes de suivi maritime contredisent partiellement cette déclaration.
Selon le communiqué officiel de CENTCOM, plus de 10 000 marins, Marines et aviateurs, ainsi que plus d'une douzaine de navires de guerre et plus de 100 aéronefs de combat et de surveillance, participent à l'opération visant à empêcher le transit maritime vers et depuis les ports iraniens dans le Golfe Persique et le Golfe d'Oman.
"Au cours des premières 24 heures, six navires marchands ont obéi aux instructions des forces américaines pour faire demi-tour et retourner dans un port iranien dans le golfe d'Oman", a indiqué le Commandement central.
De plus, le CENTCOM a précisé que le blocus s'applique de manière impartiale aux navires de toutes les nationalités entrant ou sortant des ports et des zones côtières iraniens, tout en garantissant la liberté de navigation pour les navires transitant le détroit à destination de ports non iraniens.
No obstante, les données de suivi maritime en temps réel racontent une histoire différente. L'analyste OSINTdefender a publié des informations de MarineTraffic qui montrent un petit nombre de navires ayant effectué le transit par le détroit durant cette même période, et "un déclin substantiel — mais non total — du trafic entrant dans les ports iraniens".
Plus concrètement, trois navires pétroliers battant pavillon panaméen, russe et chinois auraient traversé le détroit ce mardi malgré le blocus, l'un d'eux étant explicitement sanctionné par Washington, selon des données de suivi maritime citées par El País et MarketScreener.
La nuit de lundi, un tanker de la soi-disant flotte ombre iranienne aurait également traversé avec succès le détroit, selon le rapport de Middle East Monitor.
CBS News a signalé qu'à midi ce mardi, il n'était pas clair si la marine américaine avait commencé des opérations d'interdiction efficaces, ce qui suscite des doutes sur l'ampleur réelle du dispositif dans ses premières heures.
Le blocus a été ordonné par le président Donald Trump le 12 avril via Truth Social, après l'échec de négociations de plus de vingt heures à Islamabad, au Pakistan, et est entré en vigueur à partir de 10h00 le lundi 13 avril.
Trump avait averti que personne ne passant un péage illégal n'aura un passage sûr et a menacé de "supprimer immédiatement" tout navire iranien qui défie le dispositif.
Le blocus s'inscrit dans le cadre de l'Opération Furia Épica, la campagne militaire conjointe des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a ciblé plus de 900 objectifs iraniens dans ses 24 premières heures, y compris des installations nucléaires à Natanz, Isfahan et Fordow.
L'Iran avait déclaré un "contrôle complet" du détroit d'Ormuz le 4 mars, plaçant des mines, des drones et des missiles, ce qui a laissé plus de 2 000 navires avec 20 000 marins à l'arrêt et a fait s'effondrer le trafic maritime de 97%, faisant grimper le prix du pétrole Brent de 67 à plus de 126 dollars le baril.
Irán a qualifié le blocus de "piraterie" et d'illégal, une position partagée par l'Organisation Maritime Internationale. La Chine, principal acheteur du pétrole iranien avec environ 1,71 million de barils par jour, a averti contre les interférences dans ses routes commerciales.
La ONU a déclaré ce mardi qu'il est "très probable" que les négociations entre Washington et Téhéran reprennent.
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