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L'Iran a de nouveau imposé ce samedi un contrôle strict sur le détroit d'Ormuz, à peine 24 heures après avoir annoncé sa réouverture, en réponse à la continuité du blocus naval américain sur ses ports et ses navires, selon EFE.
Le lieutenant-colonel Ebrahim Zolfagari, porte-parole du Quartier Général Central Jatam al Anbiya, a déclaré à l'agence Tasnim que "le contrôle du détroit d'Ormuz est revenu à son état précédent et que cette voie stratégique est sous une gestion et un contrôle stricts de la part des Forces Armées".
Zolfagari a expliqué que l'Iran avait autorisé le passage "limité et géré" de certains navires pétroliers et commerciaux comme un "geste de bonne foi" dans le cadre des négociations, mais qu'il avait décidé de revenir sur cette mesure face à ce qu'il qualifiait de manquement répété de Washington.
« Tant que les États-Unis ne rétabliront pas la pleine liberté de circulation des navires depuis l'Iran et vers l'Iran, la situation dans le détroit d'Ormuz restera sous un contrôle strict », a averti le porte-parole militaire.
L'annonce intervient alors que sept semaines se sont écoulées depuis la première fermeture du détroit, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, et à un moment de tension maximale, incluant la menace iranienne de miner la zone.
Le conflit prend naissance lors de l'Opération Fureur Épique, lancée le 28 février 2026 par les États-Unis et Israël contre des installations nucléaires iraniennes à Natanz, Isfahan et Fordow, au cours de laquelle le leader suprême Alí Jamenei a également été éliminé le 1er mars.
L'Iran a répondu en fermant le détroit le 4 mars, ce qui a fait exploser le prix du brut Brent de 67 à plus de 126 dollars le baril.
Après un cessez-le-feu annoncé par le président Donald Trump le 8 avril, une première ronde de négociations à Islamabad s'est conclue sans accord après 21 heures de discussions.
Le 12 avril, face à l'échec diplomatique, Trump a ordonné un blocus naval sélectif contre des navires iraniens, que le Commandement central américain a appliqué en forçant le retour d'au moins 19 navires de commerce vers des ports iraniens.
Le président du Parlement iranien, Mohamad Baqer Qalibaf, qui a dirigé la délégation iranienne à Islamabad, avait averti vendredi sur le réseau X que le détroit "ne restera pas ouvert" si le blocus se poursuit, et a dénoncé les "affirmations fausses" de Trump concernant le passage maritime et les négociations.
« Avec ces mensonges, ils n'ont pas gagné la guerre et, sans aucun doute, ils ne parviendront à rien dans les négociations », a affirmé Qalibaf.
Trump, pour sa part, a affirmé vendredi dans un discours en Arizona que le détroit était "complètement ouvert" au commerce et a évoqué la possibilité de extraire l'uranium enrichi iranien avec des excavatrices, proposition que le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Ismail Bagaei, a catégoriquement rejetée en affirmant à la télévision d'État que "l'uranium ne sortira pas du pays".
Le cessez-le-feu en vigueur expire le 22 avril, et Trump a averti qu'il ne le prorongera pas s'il n'y a pas d'accord, tandis que les positions des deux parties restent éloignées : Washington exige le démantèlement total du programme nucléaire iranien et un moratoire de vingt ans sur l'enrichissement d'uranium, tandis que Téhéran n'offre que cinq ans et réclame 270 milliards de dollars en compensations.
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