Le Service de citoyenneté et d'immigration des États-Unis (USCIS) a lancé une vaste offensive contre la fraude migratoire qui menace d'affecter des milliers d'immigrants ayant obtenu des avantages légaux ces dernières années.
Sous l'administration de Donald Trump, l'agence n'a pas seulement intensifié les enquêtes en cours, mais a également commencé à examiner d'anciens dossiers - y compris ceux approuvés durant le mandat de Joe Biden - dans un processus qui pourrait aboutir à la révocation de "green cards" et d'autres statuts migratoires.
L'annonce, soutenue par des déclarations récentes du directeur du USCIS, Joseph Edlow, marque un tournant significatif dans la politique migratoire : l'accent n’est plus uniquement mis sur la prévention des nouvelles irrégularités, mais sur la réévaluation des décisions passées qui, selon les autorités, auraient pu être prises sans les niveaux de vérification actuels.
“Arrêtez-vous, car nous allons vous trouver” : Le message direct de l'USCIS
Dans une interview avec One America News, Edlow a lancé un avertissement clair tant à ceux qui commettent des fraudes qu'à ceux qui pourraient être en mesure de les dénoncer. Ses paroles reflétaient le ton de la nouvelle stratégie :
«La vigilance sera toujours essentielle. Faites-le nous savoir. Nous allons continuer à établir des lignes de signalement, surtout maintenant que nous avons de nouveaux agents spéciaux. Nous voulons savoir ce que vous observez afin de pouvoir enquêter. Aucun signalement n'est trop petit», a-t-il déclaré.
Le fonctionnaire a souligné que la collaboration citoyenne sera un élément central dans cette nouvelle étape, en coordination avec l'ICE et le CBP.
Mais le message le plus fort s'adressait à ceux qui auraient obtenu des avantages migratoires par la tromperie :
«Arrêtez-vous, car nous allons vous retrouver. Et même si vous l'avez déjà fait et que vous croyez vous en être sortis, nous allons revenir sur ces dossiers, comme mentionné précédemment. Nous examinons des affaires anciennes, réévaluant les dossiers de personnes à qui la résidence permanente (carte verte) et d'autres avantages ont été accordés sous l'administration Biden, lorsque aucune vérification n'était effectuée», a-t-il souligné.
"Maintenant, il y a vérification, et nous sommes en train d'examiner ces anciens cas, alors préparez-vous à faire face aux conséquences", a-t-il conclu.
Revue rétrospective : L'accent sur l'ère Biden
Selon un rapport de Newsweek, l'administration Trump a confirmé qu'elle examine les cartes de résidence permanente et d'autres avantages migratoires accordés sous la présidence de Joe Biden, en particulier dans les cas où il pourrait y avoir eu fraude.
L'USCIS a également publié des messages sur les réseaux sociaux confirmant qu'il "examine les cas de personnes ayant reçu des avantages d'immigration pendant l'administration Biden", et avertit que ceux qui ont commis une fraude doivent "être prêts à faire face aux conséquences".
Cependant, ni l'entretien ni ces communiqués n'ont été accompagnés de directives détaillées, ce qui a suscité des inquiétudes parmi les avocats spécialisés en immigration et les bénéficiaires, qui ne connaissent pas l'ampleur réelle de la mesure.
Une augmentation historique dans l'octroi de résidences
Le contexte numérique aide à comprendre l'ampleur potentielle de cette révision.
Sous l'administration Biden, le nombre de personnes ayant obtenu la résidence permanente légale a considérablement augmenté.
Selon l'Institut de la Politique Migratoire :
Au cours de l'année fiscale 2024, environ 1,4 million d'immigrants ont obtenu la “green card”.
Ce chiffre représente une augmentation de 16 % par rapport à 2023, lorsque près de 1,2 million avaient été accordés.
Par rapport à 2020, où environ 707 000 ont été accordés, l'augmentation est de 92 %.
Cette croissance a été exploitée par des secteurs républicains pour remettre en question les mécanismes de contrôle appliqués durant cette période, en particulier après l'augmentation des traversées de frontières enregistrée au cours de ces années.
Quels bénéfices sont sous l'œil de la loupe ?
Bien que le USCIS n'ait pas précisé quelles catégories seront examinées en priorité, le terme "avantages migratoires" englobe un large éventail qui inclut :
-Résidence permanente légale (green card).
-Visas temporaires.
- Asile et refuge.
-Processus de naturalisation.
Les « green cards » peuvent être obtenues par différentes voies - regroupement familial, emploi, programmes humanitaires ou loterie de diversité - ce qui suggère que toute révision sera effectuée au cas par cas, en fonction des circonstances individuelles.
Le cadre légal : Comment une carte verte peut-elle être révoquée ?
Malgré l'alarme suscitée par cette annonce, la législation migratoire américaine prévoit depuis des décennies la possibilité de rouvrir des dossiers et de révoquer des avantages dans certaines circonstances.
Parmi les causes les plus courantes, on trouve :
-Fraude ou fausse déclaration dans la demande.
-Omission de casier judiciaire.
- Erreurs administratives.
- Changements affectant l'éligibilité.
Le processus commence généralement par un Avis d'Intention de Résiliation, par lequel le gouvernement informe de son intention de retirer le statut.
Si la personne concernée conteste la décision, l'affaire peut être renvoyée devant un tribunal d'immigration, où un juge déterminera le résultat final.
Opérations en cours et antécédents récents
L'offensive actuelle s'inscrit dans une stratégie plus large de révision de la migration promue par l'administration Trump.
Parmi les initiatives récentes, on peut citer l'Opération PARRIS, lancée au début de l'année, qui vise à examiner des milliers de cas de réfugiés dans la région de Minneapolis-St. Paul.
Selon les autorités, l'objectif est de détecter des problèmes d'éligibilité et des indicateurs de fraude dans les dossiers déjà approuvés.
De même, suite à des incidents de sécurité, le gouvernement a ordonné des examens spécifiques des bénéficiaires provenant de pays jugés « d'intérêt », ce que des fonctionnaires ont décrit comme un « examen rigoureux et à grande échelle » des décisions migratoires précédentes.
L'ampleur de la fraude détectée
Breitbart cite des données faisant état d'une augmentation notable des enquêtes pour fraude migratoire depuis le début de l'administration actuelle :
Près de 33 000 cas ont été transmis à la Direction de la Détection de Fraude et de la Sécurité Nationale depuis janvier 2025, ce qui représente une augmentation de 138 % par rapport à la moyenne précédente.
Plus de 21 000 enquêtes complètes, avec une fraude identifiée dans 65 % des cas.
Plus de 7 000 visites à domicile effectuées par des agents.
Plus de 26 000 vérifications sur les réseaux sociaux pour détecter des risques de sécurité et de fraude.
Ces données renforcent l'argument de l'administration selon lequel le problème est significatif et justifie un examen plus strict, même des cas déjà approuvés.
Un tournant qui génère de l'incertitude
Malgré la fermeté du discours officiel, le manque de détails concrets laisse des milliers d'immigrants dans l'incertitude. Il n'est pas clair si l'USCIS procédera à des révisions massives ou s'il se concentrera sur des cas spécifiques présentant des indices antérieurs de fraude.
On n'a pas non plus précisé quelle période exacte sera examinée ni quels critères seront utilisés pour sélectionner les dossiers.
Ce qui semble évident, c'est le changement d'approche : le système migratoire américain ne se contente pas de durcir ses filtres actuels, mais est prêt à jeter un œil en arrière.
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