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Le chanteur cubain Manolín "el Médico de la Salsa" a publié ce mercredi un message percutant sur Facebook dans lequel il s'attaque à la campagne "Mi firma por la Patria" lancée par le régime cubain, et appelle ses compatriotes à "ouvrir les yeux" et à ne pas collaborer avec ceux qui les oppriment.
La campagne a été lancée dimanche dernier par le Parti Communiste de Cuba (PCC), présentée comme un mouvement "spontané" de la société civile, mais organisé depuis le Département Idéologique du Comité Central pour collecter des signatures en soutien à la Déclaration du Gouvernement Révolutionnaire "Girón est aujourd'hui et sera toujours".
"Abran les yeux compatriotes, ne sauvez pas vos bourreaux", a écrit l'artiste, qui accuse le régime de préparer "un suicide massif du peuple pour qu'ils restent au pouvoir".
Manolín désigne directement Raúl Castro comme le principal responsable et décrit la doctrine de la "guerre de tout le peuple" comme un plan macabre dans lequel les citoyens seraient utilisés comme chair à canon face à une éventuelle confrontation avec États-Unis.
"Nous, Cubains, sommes ses otages, ses esclaves et ses boucliers humains", a affirmé le chanteur, qui soutient que le régime sait qu'il ne peut pas gagner une guerre contre Washington et c'est pourquoi il parie sur le fait que le monde mettra fin au conflit face à l'ampleur des pertes civiles, tandis que la hiérarchie demeure au pouvoir.
Dans sa publication, Manolín se rappelle les paroles d'une amie à La Havane : "Ces fils de pu** juraient qu'ils emporteraient tout avec eux dans la tombe, y compris nous, et ils tiennent parole."
L'artiste énumère tout ce que le régime refuse d'accorder : libération des prisonniers politiques, élections libres, liberté d'expression, liberté de presse et droits égaux pour tous les Cubains.
Ce n'est pas la première fois que Manolín critique la rhétorique belliciste du régime. Il a déjà écrit : "Cela a toujours été ainsi, on n'appelle pas le peuple pour de bonnes raisons. Pour l'Angola, la guerre, pour l'Éthiopie, la guerre, pour le Venezuela, la guerre, pour la Grenade, la guerre, pour l'Ukraine, la guerre et maintenant à Cuba, la guerre aussi."
Manolín n'est pas le seul à rejeter l'initiative. L'opposant José Daniel Ferrer a déclaré dimanche dernier : "Aucune signature en faveur de la tyrannie. Avec ou sans signature, ils s'en vont, ils vont tomber bientôt, nous allons les renverser bientôt".
Sur les réseaux sociaux, on trouve également des moqueries à l'encontre de ceux qui participent à la campagne, avec des phrases telles que "Sont des fugitifs de l'acide folique" ou "Pour chaque signature, ce sont 10 heures de plus de coupure de courant".
Ce n'est pas la première fois que le régime recourt à cette tactique : en septembre 2025, il a mené une campagne identique pour soutenir Maduro, au cours de laquelle le Ministère de l'Éducation a exigé des signatures aux mineurs sous la menace d'être étiquetés comme contre-révolutionnaires, ce qui a motivé une plainte formelle de l'organisation Cubalex pour violations des droits des enfants.
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