Cubain revient sur l'île et éclate en sanglots : "Les gens ne peuvent plus supporter cela."



Cubano revient à Cuba et craque en sanglots face à la crise : “Les gens n'en peuvent plus.”Photo © Collage captures Facebook/Le créateur cubain

Un Cubain a éclaté en larmes dans une vidéo publiée sur Facebook qui est devenue virale, dans laquelle il dénonce avec désespoir la crise humanitaire que connaît l'île et implore un changement urgent : "Rendez-moi ce que j'avais, rendez-moi ma Cuba".

Le clip, d'une durée de 51 secondes, a été publié par la page "El creador cubano" sous le titre "Mon Cuba a besoin d'un changement urgent avant qu'il ne soit trop tard. Les gens n'en peuvent plus", et a accumulé plus de 622 000 vues, 47 661 likes et 4 034 commentaires sur le réseau social.

Visiblement ému, l'homme s'exclame : "Les gens meurent de faim, les gens souffrent. Asere, je demande juste qu'on m'écoute, mec."

Son message ne laisse aucune place à l'interprétation : "Mon Cuba pleure, mon Cuba est en train de mourir, Asere. Faites quelque chose pour changer cela, Asere. Mon cœur se brise."

Le vidéo se termine par une supplication qui a fortement résonné au sein de la diaspora cubaine, en particulier à Miami : "Et nous en restons là ? Je suis sûr que je n'aurai jamais plus un ami comme ça. Rendrez-moi ce que j'avais, rendez-moi ma Cuba. Rendez-moi ma Cuba."

Le témoignage arrive au milieu d'une vague de vidéos similaires qui ont secoué les réseaux sociaux ces dernières semaines.

Le mardi dernier, une grand-mère nommée Marta a été protagoniste d'une autre vidéo virale dans laquelle elle pleurait désespérément en dénonçant six décennies de dictature et la faim qui empêche les mères de donner du lait ou du pain à leurs enfants : "Combien de mères désespérées n'ont même pas un verre de lait ni un pain à donner à leurs enfants. Qu'ils chassent ces bandits d'ici", a-t-elle déclaré.

En mars, une autre vidéo déchirante montrait une mère cuisinant avec du charbon pendant une coupure de courant prolongée alors que ses enfants pleuraient de faim répétant "maman, j'ai faim".

Les témoignages reflètent une réalité documentée par l'Observatoire Cubain des Droits de l'Homme (OCDH) : 80 % des Cubains considèrent que la situation actuelle est pire que la Période Spéciale des années 90.

Selon le OCDH, sept Cubains sur dix omettent un des trois repas quotidiens en raison d'un manque d'argent ou de pénurie alimentaire, un chiffre qui grimpe à huit sur dix parmi les personnes de plus de 61 ans.

La pauvreté extrême affecte 89 % de la population, et la crise alimentaire est la principale préoccupation pour 72 % des personnes interrogées.

Le collapse énergétique aggrave la situation : certaines provinces subissent des coupures de courant de jusqu'à 20 heures par jour, une situation qui s'est détériorée après l'interruption de l'approvisionnement en pétrole vénézuélien.

Le 99 % des retraités cubains affirme que sa pension —fixée à un minimum de 4 000 pesos cubains, l'équivalent de moins de dix dollars au taux de change informel— ne couvre pas ses besoins fondamentaux.

La désespérance a débordé sur les réseaux sociaux et aussi dans les rues : en mars, on a enregistré des manifestations de casseroles dans le quartier havanais de Palatino et des blocages de rues à El Cerro en raison du manque d'eau.

Le 78 % des Cubains souhaite émigrer, selon des données de l'OCDH, dans un contexte où le régime de Díaz-Canel n'offre pas de réponses à la crise qu'il a lui-même approfondie au fil des années en raison d'une mauvaise gestion et d'une dépendance envers des alliés comme le Venezuela et la Russie.

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