Une jeune cubaine a répondu sans hésiter quand El Creador Cubano l'a interrogée en pleine rue sur ce qu'elle changerait à Cuba : "Le gouvernement".
Le clip de seulement 38 secondes a été publié cette semaine. Ce créateur de contenu est en visite sur l'île pour réaliser des interviews de citoyens ordinaires.
Face à la question sur l'avenir de la jeunesse cubaine, la jeune femme a été tout aussi directe : "Je ne vois pas beaucoup d'avenir."
Son témoignage ne s'est pas limité à une critique politique superficielle, mais a visé au cœur du système : "Ceux qui sont au pouvoir veulent donner aux mots des significations qui ne sont en réalité pas celles qu'ils portent."
La jeune fille a également dénoncé l'endoctrinement que le régime exerce depuis l'enfance : "Depuis l'enfance, tu vois toujours la même chose à l'école, les slogans".
Il a également critiqué la programmation de la télévision d'État cubaine, soulignant que les annonces sont "toutes comme communistes, socialistes", et a conclu : "À Cuba, on ne te donne toujours qu'une seule option, qui est d'être socialiste".
La vidéo s'ajoute à une vague de témoignages qui, ces dernières semaines, ont secoué les réseaux sociaux depuis l'intérieur de l'île.
Le jeudi, la même page a publié le clip d'un Cubain qui a éclaté en sanglots en criant "Rendez-moi ma Cuba" et "Les gens meurent de faim, les gens souffrent", une vidéo qui a accumulé plus de 622 000 vues.
Le mercredi, la grand-mère Marta a donné un autre témoignage viral où, entre larmes, elle a dénoncé six décennies de dictature et a demandé combien de mères n'ont "ni un verre de lait ni un pain à donner à leurs enfants".
Ce type de voix jeunes s'est multiplié en 2026 malgré le risque de représailles.
En mars, Anna Bensi, 21 ans, a lancé une phrase qui a largement circulé : "La dictature ne va pas s'effondrer parce que je le dis. Elle va s'effondrer parce qu'ils n'ont plus rien à offrir."
Shiorocio Sanz, qui en février a exigé un changement à Cuba en évoquant des coupures de courant et des pénuries, a été soumise en mars à une interview policière avec des menaces pour la faire taire.
Le contexte entourant ces témoignages est dévastateur : selon l'Observatoire Cubano des Droits Humains, 89 % de la population vit dans une extrême pauvreté, 80 % considèrent que la situation actuelle est pire que la Période Spéciale des années quatre-vingt-dix, et 93 % des Cubains déclarent qu'ils quitteraient le pays s'ils pouvaient.
Depuis 2021, environ deux millions de Cubains ont quitté l'île, et 30 % des émigrants ont entre 15 et 34 ans, ce qui fait de l'exode des jeunes l'un des phénomènes démographiques les plus graves de l'histoire récente du pays.
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