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L'Ukraine a marqué une position claire sur le sujet controversé des combattants étrangers dans la guerre : elle ne les considère pas comme des mercenaires.
Selon des déclarations diffusées par le projet officiel ukrainien Quiero Vivir (Хочу Жить), tous les étrangers capturés alors qu'ils servaient dans l'armée russe sont traités comme des prisonniers de guerre, conformément aux Conventions de Genève.
«À la différence de la Russie, l’Ukraine respecte les Conventions de Genève », a indiqué le communiqué. « Bien qu'ils soient étrangers, puisqu'ils étaient militaires de l'armée régulière russe, ils sont tous en Ukraine en tant que prisonniers de guerre et ne sont pas tenus responsables en tant que mercenaires ».
L'affirmation revêt une importance particulière dans le cas des Cubains, dont la présence dans le conflit a été largement documentée et, dans de nombreux cas, qualifiée de « mercenaires ».
Cependant, la position ukrainienne introduit une nuance clé : au-delà de l'origine ou des conditions de recrutement, ces combattants sont considérés comme faisant partie des forces régulières russes une fois qu'ils ont signé des contrats militaires avec les institutions armées de l'État russe.
Le texte accuse également la Russie d'utiliser le sujet à des fins de propagande, en exagérant ou en inventant la présence de prétendus mercenaires étrangers en Ukraine. Il dénonce par ailleurs que Moscou a développé un système systématique de recrutement international, ciblant particulièrement les régions pauvres du soi-disant Sud global.
Selon des données citées, le nombre d'étrangers recrutés par la Russie a augmenté de manière constante : passant de dizaines en 2022 à près de 14 000 en 2025, avec un objectif d'atteindre 18 500 en 2026. Parmi eux figurent des citoyens de dizaines de pays, y compris des Cubains, attirés par des promesses de salaires élevés ou de citoyenneté.
Dans ce contexte, cette politique a déjà des conséquences visibles. Depuis fin 2023, l'Ukraine a capturé régulièrement des combattants étrangers, avec une présence constante de citoyens de pays tiers parmi les prisonniers.
Un autre élément qui distingue l'Ukraine est le manque d'intérêt de la Russie pour ces combattants une fois capturés. Selon le communiqué, Moscou montre une réticence même à négocier l'échange de ses propres citoyens, et encore plus des étrangers, qui se retrouvent dans une sorte de limbo, sans représentation ni soutien politique.
Le reconnaissance ukrainienne de ces combattants en tant que prisonniers de guerre ouvre, par ailleurs, une voie potentielle qui a jusqu'à présent été absente dans le cas cubain : la possibilité d'être inclus dans des échanges de prisonniers.
En théorie, la Russie pourrait négocier leur rapatriement, comme elle le fait avec ses propres soldats. Cependant, ce scénario dépend en grande partie de la reconnaissance officielle par le régime cubain de la présence de ses citoyens dans le conflit et de sa décision d'intercéder en leur faveur, ce qu'il a jusqu'à présent évité.
La négative de La Havane à offrir de la transparence ou à assumer un rôle actif laisse ces Cubains dans une situation particulièrement vulnérable, sans soutien diplomatique clair et avec peu d'options de retour.
Pour Cuba, où le régime a insisté pour qualifier ces cas de traite des êtres humains sans offrir de transparence sur les personnes impliquées, la déclaration ukrainienne ajoute une pression au débat.
Plus qu'une question sémantique, la différence entre “mercenaire” et “prisonnier de guerre” a des implications légales et humaines pour des dizaines de Cubains piégés dans un conflit qui n'est pas le leur.
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