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Un Porsche Panamera blanc a été filmé en train de circuler sans plaque d'immatriculation dans les rues de Cuba, dans un nouvel aperçu qui contraste brutalement avec la crise que traverse l'île.
La compte Instagram «Voitures particulières à Cuba» a publié le clip ce mercredi, montrant la luxueuse berline de dos, avec des palmiers tropicaux en arrière-plan, sur une avenue de La Havane.
L'observation a lieu seulement cinq jours après qu'un autre Porsche Panamera, celui-ci de couleur noire, ait été photographié circulant par Vía Blanca et Diez de Octubre à La Havane.
Cette image, publiée dans le groupe Facebook « Autos Diplomáticos en Cuba », a accumulé plus de 600 réactions.
L'absence de plaque d'immatriculation a une explication bureaucratique : les véhicules importés quittent le port de Regla sans numéro de plaque car le processus d'enregistrement officiel se fait après leur arrivée.
En mars, des voitures modernes sans immatriculation sortaient du port de Regla à La Havane, documentant cette pratique courante dans l'importation récente de véhicules.
Le Porsche Panamera a un prix de base d'environ 92 000 dollars aux États-Unis et peut dépasser 226 500 dollars dans sa version Turbo S E-Hybrid. Le modèle a été élu Meilleure Voiture de Luxe et de Performance 2025 par le World Car of the Year.
Ce contraste est particulièrement frappant dans un pays où le salaire moyen n'atteint pas 20 dollars par mois, les coupures de courant peuvent durer jusqu'à 20 heures par jour et la pénurie de carburant est chronique.
Le phénomène n'est pas nouveau. En novembre 2025, des Cubains ont réagi avec indignation en voyant un BMW M5 2026 —évalué à plus de 120 000 dollars— circuler dans les rues de l'île.
«C'est un crime», ont écrit des utilisateurs sur les réseaux sociaux. Un autre commentaire résumait la paradoxe : «Cette voiture à Cuba est une folie, et je ne le dis pas parce qu'elle est mauvaise, mais à cause de l'essence à Cuba».
Le flux de voitures de luxe s'est intensifié depuis 2023, lorsque le Département du Trésor des États-Unis a accordé des licences à des entrepreneurs de Miami pour expédier des véhicules à des travailleurs indépendants à Cuba.
La valeur de ces importations a atteint presque 10 millions de dollars cette année-là. Depuis, des voitures de luxe comme Mercedes-Benz sont devenues tendance à Cuba, avec les mipymes comme principal canal d'importation.
Le cadre légal a été élargi par le Décret 119/24, en vigueur depuis le premier janvier 2025, qui a assoupli la vente de voitures en dollars aux personnes physiques. Depuis septembre 2024, le gouvernement cubain a autorisé la vente et l'achat de véhicules dans des entreprises comme IMPEXPORT et CIMEX S.A., avec un Impôt Spécial par Gamme de 35 % pour les voitures de haute gamme.
Chaque nouvelle apparition polarise la société cubaine entre l'étonnement et l'indignation, transformant ces véhicules en symbole d'une inégalité que le régime ne peut — ni ne veut — expliquer.
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