Le leader suprême de l'Iran appelle à mener une bataille économique contre les "ennemis" du pays



Présentatrice de la télévision iranienne (image de référence)Photo © Capture d'écran / EPV

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Le leader suprême de l'Iran, Mojtaba Khamenei, a appelé ce vendredi à mener une «yihad économique et culturelle» contre les ennemis du pays, dans une déclaration écrite diffusée à l'occasion de la Fête du Travail où il a exhorté la population à se mobiliser sur le front intérieur alors que les négociations de paix avec les États-Unis restent dans l'impasse.

Dans le message, Khamenei a affirmé que l'Iran « a montré au monde dans une bataille militaire contre ses ennemis son progrès et son excellence », mais qu'il « doit aussi les décevoir et les vaincre dans la phase de la jihad économique et culturelle ».

Le leader suprême a exhorté les Iraniens à privilégier « la consommation de biens fabriqués dans le pays » et a demandé aux propriétaires d'entreprises touchées d'éviter « autant que possible les licenciements et la séparation de leur main-d'œuvre ».

L'appel se produit dans un contexte de guerre ouverte et de crise économique sévère. Mojtaba Khamenei a pris le pouvoir en tant que leader suprême le 9 mars 2026 après la mort de son père, Ali Khamenei, survenue le 28 février lors des premiers bombardements de la guerre.

Le gouvernement iranien a décrit la mort d'Ali Khamenei comme un acte de «martyre face à l'agression sioniste-américaine». Mojtaba a été blessé aux jambes lors de cette même attaque et ne s'était pas montré en public depuis qu'il avait pris ses fonctions.

L'économie iranienne subit des coups durs : l'inflation annuelle a atteint 72 % en mars 2026, le rial s'est déprécié de plus de 50 % par rapport au dollar depuis janvier, et le PIB a diminué de 2,5 % au cours de l'exercice fiscal 2025-2026.

Le blocus naval dans le Golfe d'Oman, imposé le 13 avril, entraîne des pertes quotidiennes de 435 millions de dollars pour l'Iran, tandis que les exportations de pétrole ont chuté de 2,5 millions à 1,5 million de barils par jour.

Dans ce contexte, la déclaration de Khamenei cherche à mobiliser la population et les acteurs économiques internes face à l'isolement extérieur, à un moment où les négociations médiées par le Pakistan ne produisent pas de résultats.

Ce jour-là, le président Donald Trump a déclaré publiquement qu'il n'était pas satisfait de la dernière proposition iranienne transmise par l'intermédiaire du Pakistan et qu'il n'était pas sûr qu'un accord visant à mettre fin à la guerre puisse être atteint.

Trump a prolongé le cessez-le-feu avec l'Iran le 21 avril à la demande du Pakistan, malgré des menaces de destruction des infrastructures iraniennes si aucun accord n'était trouvé.

Le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a répondu que l'Iran reste ouvert à la diplomatie, mais uniquement si Washington modifie son « approche expansionniste » et sa « rhétorique menaçante ».

Les positions des deux parties demeurent incompatibles : les États-Unis exigent le démantèlement total du programme nucléaire iranien et un moratoire de 20 ans, tandis qu'Iran ne demande qu'une pause de cinq ans et 270 milliards de dollars en compensations pour les dommages de guerre.

Lorsque Trump a été informé de la désignation de Mojtaba Khamenei en mars, il a prédit que le nouveau leader iranien « ne durerait pas longtemps », un avertissement que le régime à Téhéran n'a pas ignoré.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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