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Un sondage de le quotidien The Washington Post, la chaîne ABC News et l'institut de sondage Ipsos publié ce vendredi révèle que 61 % des Américains estiment que l'action militaire du président Donald Trump contre l'Iran était une erreur, alors que cela fait 60 jours que le conflit a commencé.
Le sondage, réalisé du 24 au 28 avril auprès de 2 560 adultes et avec une marge d'erreur de ± 2 points de pourcentage, place le rejet de la guerre à des niveaux comparables à ceux enregistrés durant la guerre du Vietnam en 1971 et la guerre d'Irak en 2006, des conflits qui ont causé des dizaines de milliers de pertes américaines.
Dans ces cas-là, 61 % s'opposaient à la guerre du Viêtnam lorsque plus de 50 000 soldats étaient morts, et 59 % rejetaient la guerre en Irak lorsque les pertes dépassaient les 2 400.
La guerre avec l'Iran a coûté la vie à 13 militaires américains et fait plus de 380 blessés, mais suscite un niveau de rejet similaire.
Les divisions sont clairement partisanes ; 79 % des républicains soutiennent la décision militaire, tandis que 91 % des démocrates et 71 % des indépendants la considèrent comme une erreur.
65 % des personnes interrogées ne croient pas qu'un éventuel accord mettant fin à la guerre empêchera l'Iran de développer des armes nucléaires.
Les Américains sont également divisés sur les prochaines étapes : 48 % favorisent un accord de paix même s'il est moins avantageux pour les États-Unis, tandis que 46 % préfèrent exercer des pressions pour obtenir un meilleur accord, même si cela implique de reprendre les opérations militaires.
Le rejet de la guerre se produit dans un contexte de fort impact économique. Le prix moyen du gallon d'essence a atteint 4,30 dollars ce vendredi, le plus élevé en quatre ans, en raison du blocus du détroit d'Ormuz décrété par l'Iran en mars.
La guerre a coûté au moins 25 000 millions de dollars aux finances américaines, a déclaré mercredi le sous-secrétaire Jules Hurst devant la Chambre des représentants.
En outre, l'inflation a crû sous l'impulsion du conflit, le taux PCE atteignant 3,5 % en glissement annuel en mars, le niveau le plus élevé depuis près de trois ans.
Le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth a admis devant le Sénat que reconstruire l'arsenal militaire pourrait prendre des mois, voire des années, après avoir épuisé près de 50 % des intercepteurs Patriot et 30 % des missiles Tomahawk en sept semaines d'opérations.
Trump, pour sa part, a défendu les résultats militaires ce mercredi depuis le Bureau ovale. "Nous ne permettrons pas à l'Iran d'avoir une arme nucléaire. Nous avons détruit sa marine, son aviation, tout son système de défense aérienne, tout ce qu'ils avaient."
Ce vendredi expire également le délai de 60 jours établi par la Résolution des Pouvoirs de Guerre de 1973, bien que le gouvernement soutienne qu'il n'a pas besoin d'autorisation législative pour poursuivre le conflit, au milieu des négociations pour un accord permanent que Trump a prolongé indéfiniment le 21 avril à la demande du Pakistan.
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