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Le président Donald Trump a exhorté ce lundi la Corée du Sud à rejoindre la mission navale américaine dans le détroit d'Ormuz après l'attaque contre un navire de charge sud-coréen, dans un message publié sur sa plateforme Truth Social à 13h16.
«L'Iran a tiré sur des nations non belligérantes en rapport avec le mouvement des navires du Projet Liberté, y compris un cargo sud-coréen. Peut-être est-il temps que la Corée du Sud rejoigne la mission !», a écrit Trump, tout en minimisant les attaques iraniennes en affirmant que «mis à part le navire sud-coréen, il n'y a jusqu'à présent eu aucun dommage en traversant le détroit».
L'incident qui a motivé l'appel de Trump concerne le HMM Namu, un cargo sous pavillon sud-coréen qui a subi une explosion et un incendie dimanche soir alors qu'il était ancré près d'Umm Al Quwain, aux Émirats Arabes Unis.
Les 24 membres d'équipage à bord —six sud-coréens et 18 étrangers— sont sortis indemnes.
Le gouvernement de Séoul a confirmé qu'il enquête sur la possibilité que l'incident soit une attaque iranienne, ce qui en ferait la première contre un navire sud-coréen depuis la fermeture du détroit, et a indiqué que 26 navires battant pavillon sud-coréen sont bloqués dans la région.
Le ministère des Affaires étrangères de la Corée du Sud a indiqué qu'il communiquera « étroitement avec les pays concernés à ce sujet et prendra les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de nos navires et de nos équipages dans le détroit d'Ormuz ».
Trump a également affirmé dans son message que les forces américaines avaient détruit sept petites embarcations iraniennes, qu'il a qualifiées de « vedettes rapides », bien que l'amiral Brad Cooper du Commandement Central (CENTCOM) ait précédemment confirmé le naufrage de six.
L'Iran, pour sa part, a affirmé avoir tiré des missiles contre une frégate américaine près du port de Jask, ce que Washington a catégoriquement nié.
L'appel de Trump intervient dans le cadre du Projet Liberté, l'opération navale lancée par les États-Unis pour escorter des navires commerciaux de pays neutres à travers le détroit, avec 15 000 militaires, plus de 100 aéronefs et des destroyers guidés.
Ce n'est pas la première fois que Trump fait pression sur Séoul dans ce conflit. Déjà en mars dernier, Trump a exigé que la Corée du Sud, le Japon et l'Allemagne participent à l'escorte navale, arguant de la dépendance énergétique de ces pays vis-à-vis du Golfe et de la présence de troupes américaines sur leur territoire.
La ministre sud-coréenne Cho Hyun a alors décrit la demande comme « une situation qui pourrait être qualifiée de demande ou non », tandis que le président Lee Jae Myung a évité de se prononcer directement sur le conflit, privilégiant des mesures d'économie d'énergie face à la hausse du pétrole.
Des législateurs de l'opposition à Séoul soutiennent qu'adhérer au conflit violerait la Constitution sud-coréenne.
Le détroit d'Ormuz reste bloqué depuis le 28 février 2026, lorsque l'Iran a fermé la voie maritime en représailles à l'Opération Epic Fury, l'attaque conjointe des États-Unis et d'Israël qui a décimé la capacité militaire iranienne et a éliminé le leader suprême Ali Khamenei.
Le blocage iranien a paralysé 97 % du trafic naval mondial, laissant 2 000 navires à l'arrêt et propulsant le prix du pétrole Brent de 67 à plus de 126 dollars le baril.
Le dimanche passé, l'Iran a envoyé aux États-Unis un plan de paix en 14 points en trois phases pour mettre fin au conflit, auquel Washington a répondu en exigeant des conditions supplémentaires.
Trump a annoncé que le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le chef d'état-major interarmées, Dan Caine, tiendront mardi une conférence de presse sur la situation dans le détroit.
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