Après une amende de 60 000 pesos, un paysan cubain dénonce : « Ainsi, on ne peut pas produire »



Andres Manuel Sosa RamíresFoto © Facebook/Andres Manuel Sosa Ramires

Un campesin cubain du municipio de Yara, dans la province de Granma, a élevé la voix après avoir reçu une amende de 60 000 pesos qui, selon ses dénonciations, met en évidence les obstacles rencontrés par ceux qui tentent de produire des aliments sur l'île.

Andrés Manuel Sosa Ramírez a partagé sur les réseaux sociaux son indignation après avoir été sanctionné par le Centre National de Contrôle Animale (CENCOP), alléguant une “différence d'âge” entre des animaux ne répondant pas à la catégorie exigée par les autorités.

“Soixante mille pesos m'ont été proposés pour une différence d'âge”, a affirmé le producteur. Cette somme, dit-il, est démesurée par rapport à la valeur réelle du bétail. “Un taureau de 500 kilogrammes est payé au prix d'une poule maigre. Quinze mille pesos au maximum, et avec les remises, cela tombe à moins”, a-t-il expliqué.

Le contraste, selon lui, est encore plus marqué lorsqu'on le compare aux prix des aliments sur le marché. « Quand l'once de picadillo coûte quinze pesos dans les stands du quartier, combien donne le toro et où va cet argent ? », a-t-il interrogé, laissant transparaître le manque de bénéfices directs pour ceux qui produisent.

Sosa Ramírez n'a pas seulement critiqué l'amende, mais aussi le système qui régule l'activité d'élevage à Cuba. À son avis, le CENCOP agit davantage comme un mécanisme de contrôle que comme une institution destinée à soutenir les agriculteurs. « C'est le thermomètre qui mesure le degré de soumission de nous, éleveurs de bétail », a-t-il dénoncé.

Le paysan a assuré que ce genre de mesures décourage la production et affecte directement la capacité des agriculteurs à soutenir leur travail. “Cela nous décourage, nous discrédite pour que nous ne puissions pas élever de bétail”, a-t-il affirmé.

Dans son message, il a également évoqué le rôle social des agriculteurs au milieu de la crise alimentaire que traverse le pays. “Ce que nous cherchons, c'est le bien commun, que le peuple ait, que le peuple se nourrisse,” a-t-il exprimé.

Son témoignage s'ajoute aux plaintes croissantes des producteurs cubains qui font face à des réglementations strictes, à des prix d'achat bas et à des sanctions économiques, dans un contexte où la pénurie alimentaire continue de frapper durement la population.

« Ainsi, on ne peut pas produire », résume le sentiment de nombreux agriculteurs cubains, où travailler la terre ou élever du bétail semble de plus en plus être un acte de résistance plutôt qu'une activité durable.

En mars 2026, le gouvernement cubain a fixé par le Accord 9845 du Conseil des Ministres un prix maximum de 75 pesos par kilogramme pour les taureaux de première catégorie, ce qui pour un animal de 500 kg représenterait 37,500 pesos bruts. Cependant, le producteur affirme qu'en pratique, le paiement ne dépasse pas 20,000 pesos avant remise.

Ce cas n'est pas isolé. À Las Tunas, 147 amendes ont été infligées aux éleveurs en seulement trois mois — entre janvier et mars 2024 — pour des irrégularités dans les enregistrements d'élevage, tandis que pendant la même période, près de 2 000 vols de bétail ont été signalés et plus de 3 000 têtes ont été abattues illégalement.

En avril 2025, des éleveurs de Las Tunas ont signalé des vols constants, des impayés pour le lait livré et des amendes excessives en dépit de la malnutrition de leurs animaux. Ce même mois, un homme âgé de 71 ans a vendu son bétail par crainte du vol et accablé par le stress de quotas de lait qu'il ne pouvait pas respecter.

Le décret-loi 70/2022 impose des amendes pouvant atteindre 20 000 pesos pour ne pas mettre à jour les registres d'élevage, un cadre légal que les producteurs considèrent comme un outil de contrôle plutôt que de régulation. L'agriculteur assignant a résumé cela clairement : « Nous avons la patria potestad et des droits civils, et ils les piétinent ».

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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