Le président dominicain Luis Abinader sur Cuba : « Ce n'est pas un État démocratique et ils doivent opérer un changement. »



Luis Abinader, président de la République dominicainePhoto © Infobae América (capture d'écran vidéo)

Le président de la République dominicaine, Luis Abinader, a affirmé que Cuba « n'est clairement pas un État démocratique » et a assuré que le régime comprend qu'il doit se transformer.

Ses déclarations ont été avec le journaliste argentin Eduardo Feinmann pour l'émission « América Habla » de Infobae, lors d'une interview réalisée au Palais National de Saint-Domingue.

Lorsque Feinmann lui a demandé directement si Cuba est une dictature, Abinader a évité d'utiliser ce terme et a répété à plusieurs reprises sa formule : « Ce n'est pas un État démocratique. Ils ont leur façon d'organiser des élections, mais ce n'est pas un État démocratique ».

Le président dominicain est allé au-delà et a exprimé un optimisme prudent concernant l'avenir du régime.

«Ils ont un système, une révolution, et je pense qu'ils se rendent compte qu'ils doivent opérer un changement et qu'ils vont dans cette direction.»

Sur les sanctions américaines, Abinader a adopté une position pragmatique.

«Cuba doit passer par un processus de réforme et de démocratisation. Donc, ce qui permettra de mener à bien ce processus de réforme et de démocratisation, je pense que cela doit être réalisé», a-t-il souligné, sans prendre position idéologiquement en faveur ou contre l'embargo.

Le président dominicain a également réaffirmé l'alignement stratégique de son pays : face à la question de savoir si son alliance est avec les États-Unis, il a répondu par un seul mot : « Totalement ».

Dans la même interview, Abinader a dénoncé la fraude électorale au Venezuela et a rappelé sa position depuis le début.

«J'ai été l'un des plus fervents opposants au vol des élections qui a eu lieu en 2024. Lors de ma prise de fonction, j'ai été ferme et j'ai déclaré que nous allions lutter pour la démocratie au Venezuela. Évidemment, (sous le gouvernement de Nicolás Maduro) les élections ont été volées», a-t-il affirmé.

Cette position est cohérente avec le parcours du dirigeant : La République dominicaine n'a jamais reconnu la légitimité de Maduro après les élections de juillet 2024, et Abinader a réitéré que son pays « sera toujours du côté de la démocratie, où que ce soit, quand ce soit et face à qui que ce soit ».

Les déclarations interviennent à un moment de pression internationale maximale sur La Havane. En mars, Abinader a participé au sommet « Bouclier des Amériques » convoqué par Trump à Miami, où 12 dirigeants latino-américains ont signé une coalition explicitement dirigée contre l'influence de Cuba, de la Chine et de l'Iran dans la région.

Lors de cette rencontre, Trump a prédit une nouvelle vie pour Cuba et a assuré que le régime traverse ses « derniers moments ».

De plus, quatre chefs d'État lui ont demandé personnellement de s'occuper de Cuba, ce à quoi le président américain a répondu qu'il « s'en occuperait ».

Le régime, pour sa part, a tenté de présenter certaines mesures comme des signes d'ouverture économique, mais les analystes considèrent que les réformes annoncées par Díaz-Canel sont insuffisantes pour faire face à la crise structurelle que traverse l'île.

Le ministre cubain Bruno Rodríguez Parrilla a qualifié le sommet de Miami de « réactionnaire » et « néocolonial », ce qui constitue la réponse officielle de La Havane face au cerclage diplomatique croissant.

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