Une jeune Cubaine identifiée sur TikTok comme Day (@dayamelia11) a raconté dans une vidéo publiée le 10 avril comment elle a été discriminée lors de sa recherche d'emploi au Mexique, uniquement à cause de sa nationalité.
«On m'a humiliée en cherchant un emploi simplement parce que je suis cubaine», déclare la jeune femme au début de son témoignage de un peu plus de trois minutes, qui a accumulé plus de 10 100 vues et 529 likes.
Day explique que tout a commencé à Cuba, où il a perdu son emploi de manière soudaine : « Je suis sorti d'un endroit où il n'y avait plus de portes ouvertes, le travail a fermé sans prévenir, comme quand on éteint une lumière et qu'on reste dans le noir. »
Avec cette situation sur les épaules, il émigre au Mexique avec l'espoir de s'en sortir, mais il se heurte rapidement à la discrimination.
Lors d'un entretien d'embauche, un employeur lui a demandé si elle était cubaine, et la jeune femme a été catégorique dans sa réponse : « On m’a demandé si j’étais cubaine, et crois-moi, ce n’était pas de la curiosité, mais un jugement ».
«J'ai ressenti une pression sur la poitrine, mais ce ne sont pas tant les mots qui ont fait mal, mais la manière, cette manière qui te fait te sentir inférieur», a-t-elle raconté.
Pourtant, Day n'a pas cédé à l'humiliation : « Je suis sortie de là les yeux pleins de larmes mais avec la dignité bien accrochée à la main ».
Le témoignage de cette Cubaine reflète une réalité que des milliers de migrants au Mexique doivent affronter : selon l'Enquête Nationale sur la Discrimination (ENADIS, 2022), 28,8 % de la population migrante dans ce pays a été victime de discrimination, et 56,4 % estiment que leurs droits ne sont pas respectés.
Dans des villes comme Tapachula, la situation est particulièrement difficile. Brian Balcón, organisateur de la caravane migrante d'octobre 2025, l'a résumé ainsi : « On ne peut pas vivre parce qu'il y a beaucoup de xénophobie, il n'y a pas d'emploi et les emplois proposés sont de jusqu'à 12 heures pour 150 pesos par jour ».
Cette caravane, dans laquelle entre 1 200 et 1 500 migrants cubains ont marché depuis Tapachula vers Mexico, était une réponse directe à ces conditions de xénophobie et de misère au travail.
Le contexte migratoire pèse également : depuis janvier 2025, l'annulation du programme CBP One et le durcissement des politiques migratoires de l'administration Trump ont poussé de plus en plus de Cubains à choisir le Mexique comme destination finale au lieu de continuer vers le nord.
Mais le récit de Day ne s'arrête pas à la défaite. Il continua à chercher jusqu'à trouver un employeur différent : « J'ai trouvé un endroit où on ne m'a pas demandé d'où je venais, mais ce que je savais faire, où ma nationalité n'a pas été perçue comme un défaut, mais comme une partie de mon histoire ».
D'autres Cubaines ont partagé des expériences similaires de réussite au Mexique, où le rejet initial n'a pas empêché qu'elles trouvent leur chemin.
Day a clôturé sa vidéo par un message direct à ceux qui vivent des situations similaires : « Être cubain, c'est avoir de la force dans l'âme, c'est savoir se relever même quand tout s'effondre », et il a ajouté que le rejet peut se transformer en orientation : « Parfois, le rejet n'est pas une perte, c'est une direction ».
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