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Donald Trump a publié ce mardi sur Truth Social un message qui a déconcerté plus d'un : « Aucun républicain ne m'a jamais parlé de Cuba, qui est un pays en échec et ne va que dans une direction : vers le bas ! Cuba demande de l'aide, et nous allons en parler ! ».
La phrase est arrivée plusieurs heures après que plusieurs sénateurs républicains aient averti publiquement le président contre une opération militaire sur l'île, selon un rapport du média américain The Hill.
La séquence temporelle n'est pas insignifiante. Le message de Trump a, en pratique, fonctionné comme une manière d'ignorer et de discréditer les avertissements des sénateurs de son parti.
En affirmant ce matin que « aucun républicain » ne lui avait parlé de Cuba, Trump agissait comme s'il n'avait pas entendu leurs déclarations, rejetant implicitement les arguments de ces sénateurs et réaffirmant sa détermination à résoudre le problème cubain à sa manière.
Les législateurs cités par The Hill ne sont pas les congressistes cubano-américains —María Elvira Salazar, Mario Díaz-Balart, Carlos Giménez et Nicole Malliotakis—, avec qui l'administration maintient en effet un dialogue étroit et partage des objectifs.
Les personnes mentionnées dans la publication du mandataire américain sont des législateurs républicains de l'intérieur du pays, sans liens avec la communauté cubano-américaine, qui priorisent la résolution du conflit avec l'Iran.
Le leader de la majorité sénatoriale, John Thune (R-S.D.), a déclaré lundi que la priorité est « d'essayer d'ouvrir le détroit d'Ormuz ». Bien qu'il ait reconnu qu'il « aimerait » voir tomber le régime cubain, il a exprimé sa préférence pour que cela se produise « de manière organique », par la force de la pression économique et du blocus naval.
Le sénateur James Lankford (R-Okla.), vice-président de la Conférence républicaine du Sénat, a été plus direct : lorsqu'on lui a demandé s'il soutiendrait une opération militaire contre Cuba, il a répondu par un bref « Non, je ne le ferais pas ». Il a ajouté que « beaucoup de pression économique peut être exercée sur Cuba et que cela fait déjà une grande différence ».
La présidente du Comité des Appropriations, Susan Collins (R-Maine), a répondu par un simple « non » à la même question. La sénatrice Shelley Moore Capito (R-W.Va.) a également été très claire : « C'est très bas sur la liste, si cela y figure. Je pense que nous devons nous concentrer sur ce qui se passe en Iran ».
Le sénateur Rand Paul (R-Ky.) a été le plus en vue : il a révélé avoir parlé à l'ambassadeur cubain et a assuré que La Havane « est ouverte à des négociations, à de meilleures relations et à des investissements américains ». « Je veux moins de guerre, pas plus », a-t-il déclaré.
Paul et Collins ont en effet été les deux seuls républicains à voter en faveur d'une résolution démocrate en vertu de la Loi sur les Pouvoirs de Guerre de 1973 pour empêcher une action militaire à Cuba — une résolution que le Sénat a bloquée le mois dernier grâce à une objection du sénateur Rick Scott (R-Fla.).
Pour sa part, le sénateur Steve Daines (R-Mont.) a déclaré faire confiance à Trump et au secrétaire d'État Marco Rubio, mais a exprimé sa préférence pour « moins de conflit que plus, compte tenu de ce qui se passe dans le monde ».
La phrase de Trump n'était pas explicitement dirigée contre l'un de ces sénateurs en particulier, mais les a rayés d'un coup de plume.
De inmediato, Salazar a répondu en recontextualisant le message comme un appel à l'action : « Les républicains savent que vous êtes la seule personne capable de libérer Cuba après 67 ans d'oppression... Nous attendons que vous donniez l'ordre. Et cela se fera. Avec Marco Rubio à la tête du mouvement ».
Trump a publié le message juste avant de partir pour la Chine afin de rencontrer Xi Jinping, alors que Pékin avait demandé à Washington de lever les sanctions contre Cuba — ce qui rend le post un geste politique à multiples destinataires.
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