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Le baryton et promoteur culturel cubain Ulises Aquino Guerra a affirmé ce samedi que la quête de la richesse et les restrictions à l'entrepreneuriat à Cuba ont engendré la pauvreté, la dépendance et la perte de libertés, dans une critique franche des modèles économiques fondés sur le contrôle étatique depuis des décennies.
Dans le texte intitulé La lutte contre la richesse, publié sur son profil Facebook, Aquino soutient que les systèmes qui combattent la richesse et interdisent l'entrepreneuriat n'ont pour effet que de multiplier la pauvreté, et que ceux qui exercent le pouvoir selon cette philosophie ont besoin de la misère des autres pour se maintenir.
"Ceux qui luttent contre la richesse et interdisent la liberté d'entreprendre ne parviennent qu'à créer plus de pauvres. Ils y arrivent très rapidement, car ils vivent de leur pauvreté, de leurs misères et de leurs besoins", a-t-il écrit.
Le directeur de l'assemblée théâtrale Ópera de la Calle déconstruit également l'argument selon lequel la richesse est une source d'injustice.
"La richesse n'est jamais la source du mal. La richesse est source de bien, de développement, de la création de sources inépuisables d'emplois, de toutes sortes de libertés", a-t-il expliqué.
L'essai s'attaque directement aux politiciens qui transformaient le pouvoir en un instrument d'enrichissement personnel tout en alimentant l'envie et la lutte des classes.
"La logique de sa philosophie est que plus il y a de pauvres, plus il y a de personnes à contrôler, à dominer et à justifier ses politiques", a-t-il soutenu.
La réflexion résume en une phrase le diagnostic de six décennies de modèle économique imposé : "La haine envers la richesse nous a amenés ici. Tout a commencé par un rêve et s'est transformé en le pire des cauchemars."
Le texte se termine par une paraphrase de la pensée martienne et une conclusion qui résume sa thèse. "Être prospère est la seule manière d'être bon" et "pour qu'un peuple soit véritablement libre, il doit être libre dans les affaires", conclut-il.
La publication arrive à un moment où Cuba traverse l'une des pires crises humanitaires de son histoire récente, avec un déficit électrique démesuré et des territoires où les coupures de courant dépassent les 24 heures continues.
L'évêque de Santa Clara, Mgr Marcelo González Amador, a dénoncé cette semaine que des personnes arrivent dans les paroisses "disant qu'elles n'ont pas mangé depuis des jours" et qu'il y a des évanouissements fréquents pendant les messes.
Un rapport du Food Monitor Program présenté à l'ONU a tenu responsable Gaesa, le conglomérat de l'élite militaire qui contrôle entre 40 % et 70 % de l'économie cubaine, d'aggraver la crise alimentaire par le biais du monopole sur les devises, les importations et la distribution des aliments.
Ce n'est pas la première fois qu'Aquino prend la parole. En octobre 2025, il a dénoncé l'"état d'indigence" auquel est parvenue la société cubaine, tout en critiquant le fait que le gouvernement dilapide des ressources dans la bureaucratie et les hôtels tout en abandonnant les services de base.
En mai il a dépeint La Havane plongée dans "un silence ténébreux" et une "obscurité qui se perpétue", appelant à un dialogue intérieur comme unique issue possible.
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