Cuba-Pétrole et la Entreprise de Gaz Manufacturé de La Havane ont annoncé l'incorporation progressive de 25 000 nouveaux clients au service de gaz manufacturé dans la capitale, dans un processus déjà en cours mais qui s'accompagne d'un sérieux avertissement sur les connexions illégales mettant en danger des habitations entières.
À Cuba, le terme "gaz de la rue" est couramment utilisé pour désigner le "gaz manufacturé", celui qui parvient aux foyers via un vaste réseau de canalisations souterraines.
Canal Caribe a informé ce lundi que le processus d'augmentation du service a commencé par l'identification des clients vivant sur le réseau mais ne disposant pas des connexions. Jusqu'à présent, 4,400 maisons ont été situées dans cette situation, dont 1,068 ont déjà été intégrées formellement au réseau.
Le fait le plus alarmant de l'annonce est que, parmi ces 4 400 clients identifiés, 670 étaient déjà connectés illégalement.
«À ce groupe de clients, un processus de révision des installations a été réalisé car 670 clients étaient déjà connectés de manière illégale», a déclaré l'ingénieure Daina Álvarez, directrice de l'Entreprise de Gaz Manufacturé de l'Union Cuba-Pétrole (Cupet).
Les autorités ont inspecté ces installations, corrigé celles qui en avaient besoin et traité les contrats correspondants pour régulariser la situation.
L'appel officiel était clair : « Il est important d'utiliser correctement les installations. Manipuler du gaz avec des ressources inappropriées est très risqué. »
Dans Cuba en 2026, avoir accès au gaz de la rue est considéré comme un véritable privilège, car le pays traverse la pire crise de combustible de son histoire récente.
Le gaz liquéfié, qui est distribué dans les célèbres petites bouteilles, n'est plus commercialisé depuis des mois par les voies réglementées de l'État, et certaines entreprises privées ont commencé à le vendre en devises.
Le ministre de l'Énergie a admis en mai que Cuba ne dispose d'aucun combustible, « seulement du gaz associé ». Il faisait référence à un sous-produit de l'extraction de pétrole national qui peut être utilisé pour la production d'énergie et l'usage domestique.
Dans ce contexte, cette ressource est devenue une alternative vitale pour cuisiner, car le réseau ne dépend pas de l'électricité, ce qui le rend particulièrement précieux lorsque les coupures de courant peuvent dépasser 20 heures par jour.
La réseau capitalin dessert actuellement environ 208 000 clients dans huit municipalités, bien que seulement 16 % de la population havanaise ait un accès potentiel à celle-ci.
À la fin mars, le plan d'expansion n'avait connecté que 735 logements, ce qui illustre la lenteur du processus.
L'infrastructure accumule également des problèmes graves. En mai 2026, une fuite de gaz dans le quartier d'Atarés était active depuis plus de quatre mois sans qu'aucune autorité ne la répare.
Le 3 juin, une interruption programmée du réseau a eu lieu, entraînant des désagréments et dont le rétablissement n'a pas commencé avant le 5 juin.
La pénurie de matériaux d'installation aggrave la situation. Les ressources ne sont disponibles que sur le marché informel à des prix bien supérieurs à ceux officiels, ce qui pousse certains citoyens à tenter des connexions clandestines avec des matériaux inappropriés, risquant ainsi de provoquer des explosions pouvant détruire des habitations entières.
Ceux qui vivent sur le réseau et qui n'ont pas été contactés par le personnel de l'entreprise peuvent se rendre dans les magasins de leur municipalité pour s'enregistrer et rejoindre le plan de gazéification, ont indiqué les autorités.
Archivé dans :