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Une famille cubaine inaugurera ce vendredi le restaurant Cubamar à Covas, Viveiro (Lugo, Galice), avec une proposition de cuisine fusion cubano-galicienne qui reflète à la fois la créativité de ses promoteurs et la dureté de la réalité qu'ils ont laissée derrière eux sur l'île.
La Voz de Galicia a rapporté que l'entreprise est menée par Beatriz Alonso, 25 ans, son partenaire Juan Manuel et sa belle-mère Elvys Rosa, qui expliquent leur décision d'émigrer avec une phrase qui résume la crise économique cubaine.
«Là-bas, le salaire est de 3 500 pesos et une boîte de œufs coûte 4 000», ont déclaré à la presse espagnole.
Cubamar ouvrira ses portes dans l'immeuble Parquemar, à quelques mètres d'un autre restaurant cubain déjà en activité dans le même bâtiment.
Se trata du Mesón Doña Inés, un établissement qui a rouvert en mai, sous la gestion du Cubain Yoel Herrera Frometa, âgé de 39 ans.
Herrera Frometa a également émigré sous l'effet de la même crise sur l'île. «Je ne me suis jamais soucié du froid de Viveiro, je voulais juste travailler et envoyer de l'argent à Cuba», a-t-il déclaré.
La coïncidence de deux restaurants cubains dans le même bâtiment transforme le Parquemar de Covas en un petit pôle de gastronomie caribéenne sur la côte lucense, reflétant l'arrivée continue d'émigrants cubains dans les zones côtières de Galice.
La phrase de la famille du Cubamar n'est pas une exagération. Le salaire moyen officiel à Cuba est de 6 930 pesos mensuels, équivalent à moins de 10 dollars au taux de change informel.
Un œuf coûte environ 100 pesos cubains, ce qui fait qu'un carton de 30 unités dépasse les 3 000 pesos, plus que ce que de nombreux travailleurs gagnent en un mois.
Cette situation a entraîné une émigration massive et l'Espagne est l'un des principaux pays d'accueil, surtout parce que de nombreux Cubains ont la double nationalité. Entre 2023 et 2024, plus de 53 100 Cubains sont arrivés dans le pays, selon l'Institut national de la statistique.
La Galice a une connexion historique spéciale avec Cuba, fruit de l'émigration galicienne vers l'île durant les XIXe et XXe siècles.
De nombreux Cubains d'aujourd'hui ont des racines galiciennes, ce qui leur facilite l'accès à la nationalité espagnole et à des réseaux de soutien dans la communauté autonome, faisant de la région une destination fréquente pour ceux qui fuient la crise.
L'hôtellerie est devenue l'une des principales voies d'intégration économique pour les Cubains en Galice. Dans cette récente vague migratoire, le premier restaurant cubain à Santiago de Compostelle a ouvert en juillet 2019, et depuis lors, la présence d'entreprises de cuisine cubaine dans la communauté autonome n'a cessé de croître.
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