
Vidéos associées :
La Commission des Nations Unies pour les réfugiés (ACNUR) a averti ce mardi que la situation humanitaire dans les zones vénézuéliennes dévastées par les tremblements de terre du 24 juin se détériore à un rythme alarmant, avec une pénurie de nourriture, un effondrement des services de base et des milliers de personnes dormant dans les rues et les espaces publics.
«La situation humanitaire dans les zones touchées s'est rapidement détériorée», a déclaré Carlotta Wolf, porte-parole du HCR, lors d'une conférence de presse au Palais des Nations à Genève.
Les évaluations sur le terrain effectuées les 26 et 27 juin dans cinq États —La Guaira, District Capital, Miranda, Aragua et Carabobo— ont révélé des données qui reflètent l'ampleur de la catastrophe : 75 % des personnes interrogées ont signalé des blessés dans leurs communautés et 56 % ont confirmé des décès.
La situation du logement est critique. Selon Wolf, « la moitié des personnes évaluées se réfugie chez des proches ou des voisins, tandis que 39 % restent dans les rues et les espaces publics, et le reste se trouve dans des églises, des écoles ou des installations improvisées qui ne répondent pas aux normes minimales de protection, de vie privée ou d'hygiène ».
Uno des données les plus préoccupantes est la situation des enfants : 17 % des personnes interrogées ont signalé la présence de mineurs non accompagnés ou séparés de leurs familles dans leurs communautés. Le Cluster de Protection dirigé par le HCR a lancé une campagne d'identification, de recherche et de réunification familiale pour répondre à cette urgence dans l'urgence.
Le bilan officiel des victimes, annoncé par Jorge Rodríguez, président de l'Assemblée nationale vénézuélienne, s'élevait au 29 juin à 1 719 morts, au moins 5 034 blessés et 15 866 sinistrés. Cependant, ces chiffres contrastent fortement avec les estimations internationales : l'ONU évoque un chiffre pouvant atteindre 50 000 disparus, tandis que la plateforme citoyenne Encuéntralos enregistrait entre 55 000 et 60 000 personnes non localisées.
La OIM a estimé que 6,76 millions de personnes ont été affectées par les tremblements de terre, y compris environ deux millions d'habitants de Caracas. Les dégâts matériels sont également dévastateurs : 189 structures se sont complètement effondrées et 666 autres ont subi des effondrements partiels ou des dommages graves.
La crise s'est aggravée dans une Venezuela qui, déjà avant les tremblements de terre, connaissait une situation humanitaire sévère, avec 7,9 millions de personnes ayant besoin d'assistance, 56 % de la population vivant dans une pauvreté extrême et des décennies de détérioration des infrastructures sous le régime chaviste. Tom Fletcher, coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU, avait décrit la situation comme « d'une véritable dévastation terrifiante ».
Pour faire face à l'urgence, ACNUR renforce sa réponse sur le terrain en transférant des fournitures depuis son entrepôt à Táchira vers La Guaira et en mobilisant plus de vingt tonnes d'articles d'aide humanitaire depuis ses réserves mondiales au Panama. Caritas, partenaire d'ACNUR, a également établi un centre de réception et de stockage des dons dans les locaux de la Conférence épiscopale.
L'agence estime qu'elle a besoin de 14,85 millions de dollars pour garantir des services de protection, des articles de première nécessité et un hébergement temporaire à 30 000 personnes pendant six mois, un chiffre qui illustre l'ampleur de l'effort nécessaire pour stabiliser une situation qui, selon les dires de l'ONU elle-même, se détériore chaque heure.
Archivé dans :