La Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires de l'ONU (OCHA) gère des chiffres qui indiquent que le nombre de disparus à la suite des tremblements de terre qui ont frappé le nord du Venezuela mercredi pourrait atteindre 50 000 personnes.
Des sources de ce bureau ont précisé à l'agence EFE qu'il s'agit de données non confirmées et qui ne peuvent pas être directement attribuées à l'ONU comme chiffres officiels, et qu'elles sont considérées parallèlement au bilan vérifié de 920 morts et 3 360 blessés rapporté par les autorités vénézuéliennes.
La chiffre est encore plus alarmant à la lumière des données recueillies par Newsweek: à la clôture de ce vendredi, 57 287 personnes étaient signalées comme disparues, dont 49 519 n'avaient eu aucun contact avec leurs familles ou proches.
Le double tremblement de terre de magnitudes 7.2 et 7.5 qui a frappé la région le mercredi 24 juin, avec à peine 39 secondes d'écart entre les deux événements, est le plus puissant enregistré au Venezuela depuis 1900, selon le Service géologique des États-Unis (USGS), qui lui a attribué Alerte Rouge en raison de l'impact estimé.
La magnitude de la catastrophe se reflète aussi dans les estimations de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) : jusqu'à 6,76 millions de personnes pourraient avoir été touchées par les tremblements de terre, y compris deux millions dans la capitale, Caracas.
Les dommages les plus graves se concentrent dans l'État de La Guaira, déclaré « zone de catastrophe », où plus de 100 bâtiments se sont effondrés.
À Caracas, au moins deux structures se sont effondrées dans la municipalité de Chacao et plus de 90 ont été endommagées, selon des rapports sur les bâtiments effondrés dans la capitale.
La réponse internationale a été massive : 30 équipes de recherche et de sauvetage urbain en provenance d'au moins 16 pays — parmi lesquels la Suisse, les États-Unis, la France, l'Espagne, l'Allemagne, le Chili, la Colombie et le Mexique — comptent déjà 1 600 agents et 100 chiens de détection déployés sur le terrain ou en route.
Les États-Unis ont annoncé une allocation de 150 millions de dollars en aide humanitaire : 100 millions destinés à l'OCHA et 50 millions pour des organisations locales.
L'OCHA elle-même a libéré 15 millions de dollars de son Fonds central de réponse aux urgences, et la Croix-Rouge internationale a lancé un appel d'urgence de 50 millions de francs suisses.
Le régime de Nicolás Maduro, qui est resté silencieux pendant au moins une heure et demie après les séismes avant de publier un rapport officiel, a ordonné la militarisation de La Guaira avec 11 500 membres de la Garde nationale bolivarienne, des Forces armées, de la Police nationale bolivarienne et de la Milice nationale, dans une réponse qui combine des opérations de sauvetage avec le maintien de l'ordre face au risque de pillages dans une zone complètement dévastée.
La crise humanitaire préexistante au Venezuela — caractérisée par l'effondrement des infrastructures après des décennies de gestion du régime, des coupures massives d'électricité et de télécommunications, et la faiblesse institutionnelle — aggrave de manière critique la capacité de réponse de l'État et complique l'enregistrement précis des victimes dans les zones les plus touchées, ce qui explique en partie le fossé énorme entre le nombre de morts confirmés et le chiffre des disparus communiqué par l'ONU.
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