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La violence machiste à Cuba a atteint un niveau critique en juin, en particulier à Sancti Spíritus, où deux femmes ont été assassinées par leurs ex-partenaires à peine une semaine d'intervalle, portant le total à 37 féminicides dans le pays depuis le début de 2026, selon le registre mis à jour par l'Observatoire de Genre d'Alas Tensas (OGAT).
«Deux nouveaux féminicides à Cuba, avec l'alerte maximale dans la province de Sancti Spíritus, où l'on signale ces deux pertes irréparables et évitables», a déploré OGAT dans un communiqué diffusé ce jeudi.
Le cas le plus récent est celui de Zarahelga Pardo López, âgée de 29 ans et connue sous le nom de Sarita, qui a été tuée le 29 juin dans le quartier de Carlos Roloff de la ville de Sancti Spíritus par son ex-partenaire et père de ses enfants.
L'agresseur a tenté de mettre fin à ses jours après le crime en s'infligeant une blessure grave au cou, et a été transféré à un hôpital où il reste sous garde policière. Selon des informations diffusées sur la page Nio rapportant un crime sur Facebook, le féminicide a été identifié par plusieurs sources comme José Luis Rivera, alias « El Loco ».
Sarita a laissé trois enfants mineurs, qui se trouvent dans une situation « très douloureuse », a souligné l'observatoire, et a recommandé une attention spécialisée pour les enfants.
La autre victime est Lidianni Luis González, dont l'âge n'a pas encore été confirmé, qui a été tuée par son ex-partenaire le 21 juin sur la Carretera Central, près du village de La Trinchera, alors qu'elle se rendait depuis Guayos, où elle résidait.
Son agresseur, identifié sur les réseaux sociaux comme Davier Valdivia Santana, était en fuite au moment de l'attaque et l'a rattrapée alors qu'elle tentait de s'échapper, lui infligeant plusieurs coups de couteau mortels avant d'être arrêté.
OGAT a souligné un élément critique dans cette affaire : Lidianni avait déjà dénoncé son agresseur auprès des autorités, ce qui « démontre la négligence de la police », qui n'a pas agi pour la protéger malgré l'alerte.
Lidianni a laissé deux enfants mineurs.
Les deux crimes se sont produits à Sancti Spíritus, la même province où le premier féminicide confirmé de l'année a été enregistré à Cuba : le 6 janvier, l'infirmière Magaly Aragón Aragón, âgée de 59 ans, a été retrouvée morte dans une canne à sucre du camp pénitentiaire Las Mulas, à Jatibonico.
La cifra de 37 féminicides en six mois représente plus du double des cas enregistrés durant la même période de 2025, lorsque 18 cas ont été documentés. Au premier semestre de 2026, l'observatoire a également confirmé 19 tentatives de féminicide et deux meurtres d'hommes en raison de la violence féminicide.
OGAT enquête sur 12 possibles féminicides, cinq tentatives et un meurtre d'homme pour des motifs de genre signalés en 2025, ainsi que 10 possibles féminicides et trois tentatives signalées en 2026.
Depuis 2019 jusqu'en juin 2026, cette plateforme, ainsi que Yo Sí Te Creo en Cuba, a enregistré 350 féminicides sur l'île, avec un pic historique de 90 cas en 2023.
Le schéma qui se répète est le féminicide intime. Selon le rapport de l'OGAT sur 2025, 83,3 % des crimes ont été commis par des partenaires ou des ex-partners, 64,6 % avec une arme blanche et 62,5 % se sont produits dans le foyer ou l'environnement immédiat de la victime.
Cuba manque d'une loi intégrale sur la violence de genre, ne dispose pas de refuges institutionnels pour les femmes en danger et ne publie pas de statistiques officielles sur les féminicides. Le délit n'est également pas défini de manière autonome dans le Code pénal en vigueur, où il n'est cité qu'en tant qu'aggravant du homicide.
Après la fermeture de l'observatoire des féminicides de Yo Sí Te Creo à Cuba, OGAT demeure le seul organisme indépendant qui documente ces crimes à Cuba face à l'inaction et au vide institutionnel de l'État.
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