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L'humoriste cubain Ulises Toirac a publié sur son profil Facebook un texte long et percutant dans lequel il démantèle la logique répressive du régime cubain et exige la libération de tous les prisonniers politiques comme condition minimale pour tout progrès réel dans le pays.
Toirac ouvre sa publication avec une thèse directe : « Le problème avec les 'tactiques dissuasives' contre les voix divergentes est qu'elles ne résolvent pas les problèmes, au contraire, elles les aggravent. Et les multiplient. »
Il défend le droit à l'existence des dissidents si les choses ne vont pas bien dans un pays - et même si elles vont bien. « L'opposition est nécessaire », souligne-t-il.
L'acteur établit une analogie qui expose la contradiction du régime : si le gouvernement prétend que l'embargo américain est injuste car il le fait paraître inefficace, pourquoi alors réprime-t-il et emprisonne-t-il les « rares et insignifiantes voix négatives » s'il affirme bénéficier d'un soutien massif de la population ? « Les manifestations de soutien en masse ne témoignent-elles pas d'une force suffisante ? », questionne-t-il.
Toirac souligne que l'absence de preuves publiques que l'opposition agit « au service d'une puissance étrangère » révèle qu'il s'agit de citoyens qui exercent simplement leur droit de penser et de s'exprimer : « Ce qui est frustrant, c'est qu'il n'existe pas de preuves d'une opposition 'au service d'une puissance étrangère'. Et cela indique qu'il s'agit d'une opposition au service de ses propres idées, et en tant que citoyens, ils ont le droit de les penser, de les exprimer et de les défendre. »
L'un des reproches les plus sévères du texte vise l'arbitraire législatif et judiciaire : « Il y a des prisonniers purgant une peine pour avoir défendu les mesures actuelles du paquet ! La loi n'est pas un vêtement que l'on change selon le jour. »
Toirac exige une sortie concrète : « Libérez tous les prisonniers politiques qui 'n'existent pas dans le pays' - quelque chose qu'ils ne disent plus depuis un certain temps. Ce sera un signe de force, de sécurité, d'établissement d'une participation interne plus pluraliste ».
Cette dénonciation se produit dans un contexte documenté : selon l'organisation Prisoners Defenders, Cuba a atteint en avril 2026 un record de 1 260 prisonniers politiques, avec de nouvelles arrestations marquées par des tortures, des agressions sexuelles et des menaces de mort.
L'humoriste critique également le fait que les fonctionnaires du régime vivent à l'écart de la réalité que subit la majorité : ils ont des panneaux solaires, la climatisation, de la nourriture, des voitures avec de l'essence, des médicaments et des enfants qui étudient à l'étranger, tout en niant une crise qui, selon lui, est totale et visible pour quiconque se promène dans la rue.
«Les gens meurent -sans drame, littéralement-, Cuba est effectivement dans une phase de désastre humanitaire», écrit-il, en contraste direct avec les déclarations du ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez, qui a nié le 1er juillet que Cuba traverse une crise humanitaire.
Y se termine par une image qui condense la dégradation quotidienne de millions de Cubains : « Les draps ne sont pas mouillés par le désir charnel consommé, mais par la sueur. Une sueur collante qu'il n'y a aucun moyen d'empêcher, agrémentée de la poussière et de la pourriture qui proviennent de nos rues. Et nous ne pouvons pas laver ces draps ni raviver ces désirs. Il n'y a également rien pour le faire. »
Cette publication est la plus récente d'une escalade critique soutenue.
Le jeudi, Toirac a qualifié la conga de Matanzas de preuve d'un État défaillant; quelques jours plus tôt, il avait averti que le paquet de 176 mesures économiques approuvé par l'Assemblée nationale était « tardif et inefficace » et que le régime « essaie seulement de gagner du temps ».
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