Archevêque de Santiago de Cuba reconnaît le désespoir du peuple : « Il y a tant de gens qui demandent de l'aide. Et l'aide n'est pas suffisante. »

L'archevêque de Santiago de Cuba a reconnu dans son homélie dominicale le fardeau du peuple : « Il y a tant de gens qui demandent de l'aide. Et l'aide n'est pas suffisante. »



Mons. Dionisio G. García Ibáñez, archevêque de Santiago de CubaPhoto © Facebook/Arzobispado de Santiago de Cuba

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L'archevêque de Santiago de Cuba, monseigneur Dionisio G. García Ibáñez, a prononcé ce dimanche une homélie à la Basilique Sanctuaire de Notre-Dame de la Charité dans laquelle il a reconnu ouvertement la souffrance du peuple cubain : « Il y a tant de personnes demandant de l'aide. Et l'aide n'est pas suffisante. L'aide qui arrive n'est pas suffisante ».

Le prélat a pris comme fil conducteur le verset de Matthieu 11:28 — «Venez à moi tous ceux qui êtes fatigués et chargés, et je vous soulagerai» — pour établir un lien entre le message évangélique et la réalité vécue par les Cubains.

García Ibáñez a décrit l'angoisse de ceux qui souhaitent aider les autres mais manquent de ressources suffisantes pour le faire : « Souvent, nous voulons aider, donner et nous restons dans le doute, est-ce que je donne, si je donne, ma famille se retrouve… mais je sais que je dois faire quelque chose ».

Dans l'un des passages les plus directs de son intervention, l'archevêque a fait appel à la force spirituelle comme soutien face à la crise : « Le Seigneur me soulage avec l'Esprit de Dieu qui me donne la force de résister, la force d'espérer et la force de lutter ».

En concluant son homélie, García Ibáñez a exhorté ses fidèles à s'accrocher à l'évangile au milieu des difficultés : « En ces moments difficiles que nous traversons, gardons cet évangile en tête, sur notre front, dans nos yeux. Tristes sont les jougs que la vie nous impose souvent. »

La homélie a lieu à peine deux jours après que le Département d'État des États-Unis ait formellement confirmé les 100 millions de dollars en aide humanitaire pour Cuba, dont 60 millions seront distribués par l'Église catholique et 40 millions par des organisations non gouvernementales.

La magnitude de la crise décrite par l'archevêque est soutenue par des chiffres internationaux : l'ONU a demandé 94 millions de dollars pour aider deux millions de Cubains, tandis que plus de 100 000 patients — dont 11 000 enfants — attendent des opérations retardées en raison des coupures de courant et du manque de fournitures médicales.

Cette déclaration s'inscrit dans une série de déclarations de plus en plus fermes de l'évêque.

Le 17 mai dernier a affirmé que « Cuba doit changer » et a exigé des mesures concrètes ; le 24 mai, il a demandé aux gouvernants de ne pas se croire « propriétaires du monde » ; et le 28 juin, il a averti sur ceux qui croient que le pouvoir leur permet de faire n'importe quoi.

La Conférence des Évêques Catholiques de Cuba a averti en janvier sur le « risque de chaos social » et a exigé « plus de sang ni plus de deuils », consolidant l'Église comme la voix principale de la société civile face à une crise sans précédent depuis des décennies.

Cáritas Cuba avait déjà exécuté 82 % d'un premier don de trois millions de dollars, bénéficiant à 8 800 familles de personnes âgées, de mères célibataires et de personnes en situation de handicap, bien que la pénurie de combustible ait même paralysé cette logistique de distribution.

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