Des voisins de San Isidro manifestent après quatre jours sans électricité et cinq jours sans eau

Protestation à La Havane contre le régimePhoto © Facebook / Zea Gisselle

Vecins du quartier San Isidro, à La Havane Vieille, sont sortis pour protester dans la rue ce jeudi après avoir accumulé quatre jours sans électricité et cinq jours sans eau, selon une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux par l'utilisatrice Isis Ro.

Dans les images, une femme interpele directement les voisins du quartier en les exhortant à se manifester : « Quatre jours sans électricité, cinq jours sans eau, ce sont de sacrés chiens pour la rue d'en bas ».

La même voix demande avec indignation où sont ceux qui s'affrontent les uns les autres au lieu de protester contre le régime, et dénonce qu'« une pile d'enfants » souffrent de la faim et du besoin.

La protestation à San Isidro n'a pas été la seule enregistrée ce jeudi à La Havane et dans ses environs. À la Loma de la Pela, à Guanabacoa, près de la localité de Barreras, un bruit de casseroles nocturne a eu lieu, dont les participants se sont ensuite joints aux habitants de Barreras pour protester ensemble dans le parc de cette localité, selon les informations du journaliste José Raúl Gallego.

Gallego a cité un témoin présent lors de la concentration de Barreras qui a confirmé l'arrivée d'agents de la Sécurité de l'État et de dirigeants locaux sur les lieux : « Là, se trouvent la Sécurité de l'État et certains dirigeants, essayant de les convaincre de rentrer chez eux et de leur dire que samedi, ils vont leur rétablir l'électricité ».

Les manifestations de ce jeudi s'inscrivent dans une crise énergétique sans précédent. Le Système Électrique National a subi quatre colapsus totaux depuis le début de 2026, le huitième en à peine 24 mois.

Le déficit énergétique a atteint un record de 2 341 MW le 8 juillet, affectant 73 % de la population. Dans certaines zones de La Havane, les coupures dépassent les 35 heures consécutives par jour, tandis qu'à Matanzas, jusqu'à 87 heures sans électricité ont été signalées.

Le manque d'électricité empêche le pompage de l'eau, aggravant ainsi le manque d'approvisionnement en eau dans des municipalités telles que La Havane Vieille, Centre La Havane et Plaza de la Révolution. Le Premier ministre Manuel Marrero a reconnu que la pénurie de combustible est le facteur déterminant des pannes, bien que le régime n'ait pas proposé de solutions concrètes à court terme.

Guanabacoa accumule un historique récent de mobilisations. Le 8 juillet, des habitants de La Hata sont sortis dans les rues après 24 heures de coupure de courant en criant « Liberté ! » et « À bas la dictature ! ». Le fort cacerolazo dans le Reparto Nalón du 12 juillet, coïncidant avec le cinquième anniversaire du 11J, a montré que la pression sociale dans cette municipalité ne faiblit pas.

Le pays a enregistré 107 manifestations rien qu'en juin 2026, presque le double du précédent record de 54 en 2024. L'organisation Cubalex a documenté 38 arrestations liées à des cacerolazos ce mois-là, dont six mineurs.

La tactique de promettre de rétablir le service électrique pour disperser les manifestants —comme cela a eu lieu ce jeudi à Barreras— a été documentée à de nombreuses reprises auparavant, dans le cadre de la stratégie du régime pour contenir le mécontentement sans résoudre la crise sous-jacente.

Ce vendredi, un cacerolazo à El Vedado après plus de 30 heures sans électricité a confirmé que la vague de manifestations à La Havane se poursuit sans signes d'épuisement.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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