Bruno Rodríguez accuse Marco Rubio de préparer un prétexte pour attaquer militairement Cuba

Bruno Rodríguez Parrilla et Marco Rubio.Foto © Collage/Facebook/Bruno Rodríguez P et Dr S. Jaishankar.

Le chancelier cubain Bruno Rodríguez Parrilla a qualifié ce lundi de « fallacieuse » la nouvelle enquête du Département d'État des États-Unis sur Cuba et a accusé le secrétaire d'État, Marco Rubio, d'essayer de construire un prétexte pour justifier une future agression militaire contre l'île.

La réaction a été publiée sur son compte X quelques heures après que Rubio ait présenté « Cuba : La Capitale du Communisme du XXIe Siècle », un rapport de 100 pages qui documente presque sept décennies d'espionnage, de subversion idéologique et d'exportation de la révolution cubaine vers les États-Unis.

«Cela fait partie de la construction, par le Secrétaire d'État, d'un prétexte pour maintenir sa guerre économique cruelle et criminelle qui punit chaque famille cubaine, et de son aspiration à agresser militairement Cuba, pour laquelle il cherche désespérément le soutien des citoyens américains», a écrit Rodríguez.

Dans un second message, le ministre des Affaires étrangères a durci le ton de ses critiques.

«C'est une autre preuve du plan macabre qu'a élaboré ce politicien américain du sud de la Floride, qui ne satisfait que les intérêts de ceux qui l'ont toujours financé», a-t-il affirmé, en faisant apparemment référence à Rubio et au soutien qu'il reçoit de certains secteurs de l'exil cubain.

Le rapport de Washington

Le document a été présenté ce lundi par Rubio, qui a affirmé que l'objectif est de montrer le rôle que, selon Washington, a joué le régime cubain pendant des décennies.

«Depuis plus de six décennies, le régime cubain a été le principal sponsor du gauchisme radical et du tiers-mondisme aux États-Unis. Le peuple américain mérite de le savoir», a écrit le secrétaire d'État sur X.

Le rapport affirme que Cuba maintient une stratégie soutenue d'espionnage, d'infiltration et de guerre idéologique contre les États-Unis depuis le triomphe de la Révolution.

Entre autres informations, il affirme que l'île abrite 18 installations de renseignement de signaux, dont trois seraient opérées par la Chine et deux par la Russie. Il cite également des informations publiées par The Wall Street Journal concernant un prétendu accord entre La Havane et Pékin pour construire une nouvelle installation de renseignement destinée à intercepter des communications dans le sud-est des États-Unis.

Le document retrace cette stratégie à une lettre écrite par Fidel Castro en 1958, dans laquelle il exprimait : « Je me suis juré que les Américains allaient payer très cher ce qu'ils faisaient. Lorsque cette guerre sera terminée, pour moi, commencera une guerre beaucoup plus large et plus grande ».

Nouvelle escalade verbale

La réponse de Bruno Rodríguez s'ajoute à une confrontation verbale croissante entre La Havane et Washington.

Depuis mai, lorsque le procureur général par intérim Todd Blanche a annoncé des charges fédérales contre Raúl Castro pour l'abattage des avions des Hermanos al Rescate en 1996, le ministre des Affaires étrangères cubain a accusé à plusieurs reprises l'administration américaine de préparer une escalade contre l'île.

Le 15 juillet dernier, a qualifié de « maccarthyste » une conférence ministérielle sur le terrorisme organisée par Rubio à Washington et l'a accusé d'essayer de « réinstaurer la persécution politique ».

Dans d'autres déclarations faites ces derniers mois, Rodríguez a également averti qu'une éventuelle intervention militaire américaine à Cuba provoquerait un « bain de sang » avec des milliers de victimes.

Le rapport du Département d'État se termine par un avertissement qui résume sa thèse centrale : « Confondre la pauvreté de Cuba avec son innocuité, c'est mal comprendre la menace dans son ensemble. Son pouvoir a toujours été idéologique, subversif et parassitaire. »

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